La présidente de l'Office de la langue française démissionne

De nouvelles orientations décidées par la ministre Diane De Courcy, responsable de la Charte de la langue française, ont entraîné le départ de la présidente de l'Office québécois de la langue française, Louise Marchand. Cet organisme devra revoir ses façons de faire.
Louise Marchand quitte son poste de présidente de l'Office québécois de la langue française.
La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, parle d'un changement de cap à venir dans les enquêtes de l'Office pour expliquer le départ de Louise Marchand.
Nommée par les libéraux de Jean Charest en décembre 2010, Louise Marchand sera mutée sous peu à un autre poste de direction dans la fonction publique.
Selon plusieurs, les excès de zèle de certains inspecteurs de l'Office, lesquels ont abouti au récent et retentissant pastagate, ont fourni un prétexte en or au gouvernement du Parti québécois pour obtenir son départ.
Diane De Courcy insiste pour dire que c'est tout de même «de son plein gré» que Mme Marchand a quitté l'Office.
Cet épisode survient à quelques jours du début de la commission parlementaire chargée d'éplucher le projet de loi 14 modifiant la Charte de la langue française. Les auditions des groupes et des individus débuteront mardi à l'Assemblée nationale. Près de 90 mémoires ont été reçus, ce qui est beaucoup pour une commission parlementaire. Celle-ci devrait poursuivre ses travaux jusqu'à la fin avril.
L'Office québécois de la langue française est au coeur des dispositions phares du projet de loi. Notamment en ce qui a trait à l'obligation prévue de francisation des entreprises comptant de 26 à 49 employés.
Un nouveau président ayant un profil collant davantage à ce qu'envisage le gouvernement Marois sera nommé d'ici quelque temps. L'intérim sera assuré par le sous-ministre associé Jacques Beauchemin.
Changement de cap
La ministre Diane De Courcy parle d'un changement de cap à venir dans les enquêtes de l'Office pour expliquer le départ de Louise Marchand. Elle dit vouloir «faire appliquer rigoureusement la loi» - plus qu'elle l'est actuellement, doit-on comprendre -, et cela, «sans créer des irritants» semblables à ceux observés récemment.
Les excès de zèle «ont eu des effets qui ne sont pas souhaitables pour les commerçants, pour le personnel de l'Office, pour la population et pour le Québec en général», a déclaré la ministre.
L'Office devra adopter une approche ferme au regard des objectifs à atteindre, mais souple quant aux moyens à mettre en oeuvre, résume Diane De Courcy. Il devra «accompagner» les entreprises tout au long du processus d'enquête découlant d'une plainte.
Un poste de «répondant à la qualité des services» est par ailleurs créé. Celui ou celle qui l'occupera agira comme médiateur «lorsqu'il y aura litige entre le représentant de l'Office et celui de l'entreprise».
Projet mort-né?
Diane De Courcy aura fort à faire pour convaincre la Coalition avenir Québec de voter en faveur du projet de loi 14. Elle sait déjà qu'elle ne pourra compter sur les libéraux, qui s'y opposent avec véhémence.
Or, sans l'appui de l'un de ses deux partis d'opposition, son projet législatif ne pourra être adopté. Il s'agit d'une pièce politique maîtresse du gouvernement du Parti québécois.
Le chef de la Coalition, François Legault, a confirmé, vendredi, que sa formation s'opposera à la francisation obligatoire des entreprises de 26 à 49 employés, à la perte annoncée du statut bilingue de certaines municipalités, ainsi qu'à l'obligation faite aux enfants de militaires nés au Québec de s'inscrire dans des écoles françaises.
M. Legault dit vouloir maintenir un équilibre entre la promotion de la langue française et le respect de la communauté anglophone.