La porte sainte fermée et scellée

Le 350e anniversaire de la paroisse Notre-Dame de Québec s'est terminé dans une basilique-cathédrale bondée, dimanche soir. La porte sainte y a été scellée par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, sous les yeux d'un millier de fidèles. Pour l'archevêque de Québec, cette dernière année aura permis de «souffler sur la braise» de la foi des Québécois, quelque peu endormie.
Mgr Lacroix n'était pas encore cardinal lorsqu'en 2013, il avait eu une discussion avec le pape François, nouvellement élu au Vatican. Se présentant devant le nouveau primat de l'Église, le cardinal québécois avait été investi d'une mission, celle de «relever le Québec» et sa foi.
Les célébrations entourant le 350e anniversaire de la plus vieille paroisse en Amérique du Nord étaient une première étape pour y arriver, croit le cardinal. «On a pas juste célébré le passé, on s'est préparé pour l'avenir», a-t-il dit dimanche soir, après avoir présidé la cérémonie de la fermeture de la porte sainte. «Souvent, on pense qu'on est une minorité invisible, mais le feu est sous la braise. Il s'agit de la brasser un peu et ça rallume.»
Les retombées économiques entourant le fêtes du 350e sont bien connues, estimées à 28 millions $ en 2014. Mais au-delà des sous et du tourisme, l'archevêque de Québec est convaincu «d'en avoir relevé plusieurs» grâce à l'accueil et l'ouverture dont a fait preuve la paroisse au courant de l'année. «C'est pas magique, c'est pas par un grand décret [...] Chaque fois qu'on aura ce type d'accueil, on pourra aider, en prenant soin des personnes.»
À elle seule, la porte sainte a accueilli 325 000 personnes. Et en cette dernière fin de semaine de fêtes, des milliers d'autres l'ont traversée. Ils ont été 2000 à la franchir en seulement deux heures samedi matin.
Les plus sceptiques diront que de relever la foi est une mission de longue haleine, voire impossible. «Ce n'est pas grave. Ce qu'on fait avec coeur, ça change le monde.
«Vous savez, le Seigneur ne m'a pas donné de quota, il ne m'a pas dit faut que tu en fasses 1000 par année ou 5000 par année, non, une personne à la fois», réplique Mgr Lacroix.
Le cardinal Marc Ouellet était de la cérémonie de clôture de la porte sainte, et par le fait même des festivités. Avec le cardinal Lacroix, il a passé de longues minutes après la célébration pour rencontrer les visiteurs, prenant des photos avec l'un, bénissant l'autre.
Le cardinal Ouellet se rendra au Vatican la semaine prochaine. Et tel que demandé par Mgr Lacroix, il donnera des nouvelles de ce qui s'est produit à Québec au pape François. Rappelons que le numéro un de l'Église a envoyé un délégué cette année pour souligner le 350e anniversaire, une visite en personne à Québec n'ayant pas été possible.
Gérald Cyprien Lacroix fera de même et continuera d'informer le pape de ses avancées au Québec en février, lors d'une réunion tenue au Vatican. «Je vais le voir en début février. Il s'informe, il aime beaucoup le Québec et il a beaucoup d'espérance pour le Québec.»
Même scellée, la porte demeurera un lieu de recueillement pour tous. Il sera possible de la visiter à longueur d'année, mais évidemment pas de la traverser. «La porte sainte est fermée, mais nos portes demeurent ouvertes», lance le cardinal Lacroix.
Elle sera ouverte de nouveau en 2025, année sainte pour toute l'Église catholique. Les sept portes saintes sur la planète seront alors ouvertes à tous les pèlerins.