Le militant anarchiste Jaggi Singh se défend seul des accusations d’entrave et de supposition de personne, portées après la contre-manifestation du 20 août 2017.

La police voulait des accusations criminelles pour Jaggi Singh

Une simple contravention ne suffisait pas contre le militant Jaggi Singh; les hauts gradés de la police de Québec voulaient des accusations criminelles.

C’est ce que le militant anarchiste a appris jeudi, en recevant un document, dans ce qui s’avérera sûrement comme la plus longue et tortueuse requête en divulgation de toute l’histoire de la cour municipale de Québec.

Arrêté près du complexe G pour avoir refusé de se déplacer à la demande des policiers, le manifestant montréalais Jaggi Singh, venu protester contre La Meute, a été accusé d’entrave et de supposition de personne. Aux agents qui lui demandaient de s’identifier, il s’est présenté comme l’ancien joueur des Nordiques Michel Goulet avec le Colisée pour domicile.

Le sergent-détective Stéphane C. Noël a confirmé jeudi que lorsqu’est venu le temps de transmettre sa demande d’intenter des procédures contre Singh à la poursuite, un capitaine lui a demandé que ce soient des infractions criminelles, si possible, et non simplement des infractions pénales.

Jaggi Singh a maintenant l’intention de faire témoigner chacun des officiers et des employés qui ont eu un rôle à jouer dans son dossier criminel. Il se dit convaincu qu’il y a eu de l’ingérence «de plus haut», dit-il, pour qu’au lieu de recevoir une contravention comme les policiers le lui avaient d’abord indiqué, il soit arrêté sous mandat d’arrestation à Montréal et détenu.

En cette quatrième journée de requête en divulgation, le juge Pierre Bordeleau commençait à montrer des signes d’impatience. «On n’avance pas à une vitesse de fou», constatait-il.

Le juge a déploré que le défendeur Singh reçoive si tardivement des documents vidéos, audios et écrits de la police et de la poursuite.

Il n’avait pas de compliment à faire au sergent-détective qui répondait au compte-gouttes aux — très — nombreuses questions de Jaggi Singh. «Ce n’est pas un témoignage, à date, qui m’édifie», note le juge Bordeleau.

Jaggi Singh se demande si la police n’a pas détruit des preuves le concernant. La semaine dernière, le sergent-détective Noël évoquait un enregistrement des communications entre les membres de l’unité de contrôle de foule. 

Jeudi, l’information avait changé; cette bande n’est jamais enregistrée, dit-il. «It’s convenient [c’est pratique]», grinçait le militant.

Suite et — peut-être — fin du débat sur la divulgation de preuve à la fin mars.