Avant l'entente, la responsabilité du premier contact entre une victime et le CAVAC incombait à la victime elle-même. 

La police et le CAVAC, unis pour les victimes

Des victimes d'actes criminels laissées à elles-mêmes, inaptes à réclamer le soutien dont elles ont besoin. Si la situation était courante à Québec jusqu'à tout récemment, elle est maintenant contrecarrée par une entente entre la police de Québec et le CAVAC (Centre d'aide aux victimes d'actes criminels) permettant aux intervenants de contacter eux-mêmes les victimes en détresse.
Avant l'entente, signée le 19 avril 2017, la responsabilité du premier contact entre une victime et le CAVAC incombait à la victime elle-même. «Souvent, l'enquêteur remettait des cartes d'affaires ou des dépliants à la victime», raconte Nadia Morin, directrice générale du CAVAC Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. C'était alors à la victime de faire le premier pas. Mais «des fois, de faire le geste de téléphoner, ça nous tente moins, surtout si on est en choc», fait-elle remarquer.
Depuis cinq mois, le processus est inversé, c'est-à-dire que le premier pas est fait par les intervenants. Concrètement, «l'entente vient lever la confidentialité, de sorte que maintenant, les enquêteurs peuvent nous transmettre les coordonnées des victimes», indique Mme Morin. «Ayant accès à tout ça, dès le lendemain [d'un acte criminel], on peut faire des appels proactifs aux victimes. [...] En fait, la plus-value dans tout ça, c'est que grâce à cette entente-là, on peut intervenir rapidement, ce qui n'était pas le cas avant.»
Et dans bien des cas, la rapidité fait toute la différence. «Une personne qui est en choc traumatique, plus on intervient rapidement, plus on amoindrit la possibilité d'avoir éventuellement des symptômes de choc post-traumatique. [...] Le fait qu'on puisse rapidement intervenir dans les dossiers, ça permet de diminuer les risques qui sont liés à ça.»
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Bon an mal an, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) enregistre «quelques milliers» de cas impliquant une victime d'un acte criminel. On inclut dans cette approximation les agressions sexuelles, les voies de fait, la violence conjugale, les abus envers les aînés, les crimes contre la propriété et les fraudes. De ce nombre, 300 à 400 cas sont pris en charge par le CALAC Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. C'est donc dire que jusqu'à ce que l'entente soit conclue, plusieurs centaines de victimes d'actes criminels n'avaient pas recours au soutien du CAVAC.
«C'est évident que pour nous, ça représente plus de dossiers dont il faut s'occuper», admet Nadia Morin. «Déjà, en ce moment, on le sent qu'il y a plus de dossiers.» Mais au final, ça veut dire qu'une plus grande proportion des victimes d'actes criminels reçoivent le soutien auquel elles ont droit. «Le fait de recevoir un appel d'un professionnel du CAVAC, ça aide drôlement. On se sent soutenu et pas abandonné dans cette grosse machine-là», soutient la directrice générale. «Le processus judiciaire, c'est un monde.»
Et pour accompagner encore plus efficacement les victimes, deux intervenants du CAVAC, appelés des agents de liaison, travaillent étroitement avec les enquêteurs au sein même des bureaux du SPVQ. L'objectif étant de pouvoir rapidement établir un premier contact avec les victimes lors de leur passage à l'un ou l'autre des postes de police. 
La grande majorité des corps policiers québécois ont une entente du genre avec le CAVAC de leur région. À Lévis, un tel partenariat a été mis en place il y a plus d'un an avec le Service de police de la Ville de Lévis. La Sûreté du Québec a fait de même à l'échelle nationale avec l'ensemble des CAVAC.
Répartis un peu partout au Québec, les 16 CAVAC offrent des services de première ligne à toute victime d'un acte criminel et à ses proches. Ils proposent autant un soutien administratif qu'un accompagnement psychologique, que ce soit par l'entremise de leurs propres intervenants ou en recommandant d'autres organismes d'aide à la victime.
Des images qui hantent les victimes
Les victimes de sévices sexuels dans l'enfance souffrent grandement du fait que les vidéos et les photos des crimes circulent toujours dans le cyberespace, ce qui accroît leur douleur déjà assez aiguë, selon un nouveau rapport.
L'existence de telles images, qui pourraient encore être à la disposition des agresseurs ou accessibles publiquement pour les autres, a un «impact extrêmement négatif» sur les victimes, selon une étude du Centre canadien de protection de l'enfance.
Ces effets peuvent persister dans le temps et empêcher les survivants à gérer les facteurs de stress au quotidien, à maintenir des relations saines et à atteindre leur plein potentiel.
Près de 70 % des répondants ont dit être inquiets devant la possibilité d'être reconnus par quelqu'un en raison de l'enregistrement des agressions qu'ils ont subies. Un répondant sur cinq dit avoir été identifié par une personne qui avait vu une image de leurs sévices.  La Presse canadienne