Le dgl de la Société de développement commercial de la 3e Avenue admet d’emblée que certains commerçants sont contre le projet de prolonger la piste cyclable. Mais il est difficile pour l’heure de savoir dans quelle proportion.

La piste cyclable de la 3e Avenue crée la controverse

La volonté de l’administration Labeaume de prolonger la piste cyclable sur la 3e Avenue ne fait pas l’unanimité chez les commerçants en raison de la disparition prévue de 48 espaces de stationnement entre les 12e et 19e Rues du côté ouest.

Le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de la 3e Avenue admet d’emblée que certains commerçants sont contre le projet. Mais il est difficile pour l’heure de savoir dans quelle proportion.

«Nous avons assisté à une présentation du projet seulement 72 heures avant que la Ville envoie les tracts pour annoncer la tenue d’une rencontre publique ce jeudi. D’ici là, nous sondons nos membres pour savoir ce qu’ils en pensent», explique Sébastien Chamberland.

La SDC attend la tenue de la rencontre publique avec la Ville avant de prendre position. M. Chamberland précise que son organisme aura aussi des questions relatives à la sécurité concernant la première phase du projet de piste cyclable aménagé en 2016 entre le pont de la rivière Saint-Charles et la 11e Rue. Une bande cyclable est dessinée au sol de chaque côté de la rue entre la voie de circulation et les cases de stationnement.

«Les gens nous ont dit craindre l’emportièrage. En fait, on se rend compte que l’espace est restreint parce que les plus gros véhicules peinent à se stationner sans empiéter sur la bande cyclable», précise le dg.

Des pour et des contre

Parmi les commerçants mécontents d’un prolongement, il y a le propriétaire du RONA. Il a confié au Journal de Québec avoir besoin de stationnements disponibles en raison des matériaux encombrants et lourds que doivent transporter ses clients.

À l’inverse, la copropriétaire de La folle fourchette, située un peu plus bas, est pour le prolongement. «Ça va avec nos valeurs environnementales. De plus, les gens à vélo identifient mieux les commerces autour et y reviennent. Enfin, leurs déplacements sont plus sécuritaires», évalue Sophie Grenier-Héroux.

«On sent que tout n’est pas joué avec la Ville», retient M. Chamberland, sentant que la Ville est disposée au minimum à quelques assouplissements. 

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin a visité la 3e Avenue mardi pour tâter le pouls des commerçants. «On est pour le développement et la consolidation de notre réseau cyclable, mais pas au détriment de la sécurité des piétons et de la vitalité de nos commerces. Enlever des stationnements dans un secteur où l’accessibilité est déjà problématique est irréfléchi. Si la Ville va de l’avant avec son projet, elle nuira à ses propres commerçants dans une période de l’année où l’achalandage génère des retombées économiques importantes pour le milieu.»

La présentation de la Ville aux commerçants se déroule jeudi à 19h au Centre communautaire Jean-Guy Drolet. À 17h, la SDC rencontrera ses membres dans ses bureaux de la 3e Avenue.