Les 19 personnes qui ont voté contre le cimetière musulman à Saint-Appolinaire sont venues «refuser d'écrire une belle page de l'histoire du Québec et du Canada dans l'avènement du bien vivre ensemble», estime le CCIQ.

La peur et l'ignorance «plus forts qu'avant», selon le Centre culturel islamique de Québec

«La peur et l'ignorance sont encore là, plus forts qu'avant», constate le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), au lendemain du référendum municipal de Saint-Apollinaire, où le vote de 19 personnes a permis de bloquer le projet de cimetière musulman.
Dans un communiqué envoyé aux médias, lundi, le CCIQ en rajoute sur certains constats exprimés par son représentant, Mohamed Kesri, dimanche soir, à Saint-Apollinaire. C'est surtout le fait que 19 personnes aient pu bloquer à elles seules le projet de cimetière qui continue de déranger le CCIQ.
«Ce "19 contre" est venu refuser d'écrire une belle page de l'histoire du Québec et du Canada dans l'avènement du bien vivre ensemble. Le monde entier, attentif, à ce projet ne retiendra de ce "19 contre" que l'effet négatif qui vient renforcer la négation d'une fraction importante de la société parce qu'elle est musulmane», peut-on lire dans le communiqué. 
La lutte contre l'islamophobie, rappelle le CCIQ, s'étend au-delà du dossier du cimetière. «Un combat juste reste à faire pour qu'il y ait des gestes concrets notamment d'accès aux emplois et de respect du droit des citoyens musulmans à leur croyance sans entrave en public et en privé, dans un respect réciproque, comme pour ceux des autres espaces de confessions. Il y va de notre avenir.»
Dimanche soir, questionné sur le pouvoir mis dans les mains d'un si faible nombre de citoyens, le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, estimait que la loi municipale n'avait pas été pensée pour des questions d'une telle envergure.
«La loi est ainsi faite et dans un cas ordinaire, c'est correct. Parce que c'est les gens vraiment voisins qui ont à faire d'un changement de zonage. C'est eux qui sont le plus concernés», a pointé le maire.
«Par exemple, si l'on veut faire un édifice à huit étages ou installer un poste de pompier. C'est logique que les gens plus près puissent parler davantage que celui qui est à 10 kilomètres. Mais dans un cas comme le cimetière, c'est un sujet délicat. Ce n'est pas un changement d'usage ordinaire.»