La petite reproduction de la grande bataille de Vimy

Cent ans après la bataille de Vimy, un maquettiste de Québec a réalisé le même travail que les soldats canadiens au front en reproduisant, à petite échelle cette fois, et avec l'aide de relevés et cartes géographiques de l'époque, le champ de bataille ayant donné lieu à l'importante victoire des Alliés.
Mais la maquette de Michel Bergeron, qui sera exposée au Musée Royal 22e Régiment de la Citadelle de Québec dans le cadre de l'exposition Les Échos de Vimy, ne servira pas à préparer les troupes au combat qui les attend, mais plutôt à expliquer ce qui s'est passé le 9 avril 1917, lorsque les Canadiens ont pris d'assaut la crête de Vimy, qui était aux mains des Allemands depuis octobre 1914. 
M. Bergeron travaille depuis plus de deux mois dans son petit trois et demi du Vieux-Québec à recréer avec le plus d'exactitude possible la fameuse crête s'étalant sur plus de sept kilomètres et à y positionner les différents bataillons et armées. «Hier soir [jeudi] à minuit, j'ai enfin compris pourquoi la 10e brigade se retrouvait sur les plans, même si elle n'a pas participé à la bataille du 9 avril!» s'exclame-t-il, heureux d'avoir réussi à déjouer cette impasse à quelques jours de la livraison prévue de son travail.
De son propre aveu, il ne connaissait rien de cet épisode de l'histoire militaire canadienne que l'on associe souvent à la naissance du pays, puisque quatre divisions de l'armée provenant d'un bout à l'autre du Canada se sont battues pour la première fois sur un même front. Mais grâce à l'ouvrage de l'historien militaire Gerald William Lingen Nicholson et les cartes d'époques qui y ont été reproduites, Michel Bergeron a pu réaliser la maquette schématique qui mesure quatre pieds par cinq.
Grandeur nature
Selon les différents récits, les troupes canadiennes avaient elles aussi réalisé une maquette de la crête, mais grandeur nature, afin de se préparer au combat, et ce, grâce à de nouvelles cartes produites à partir de relevés géographiques captés par les avions et les ballons des Alliés. Pendant des semaines et des semaines, les soldats ont planifié l'assaut de «l'imprenable» territoire occupé par les Allemands, et ce, après avoir vu les Britanniques et les Français échouer à cette mission. 
Celui qui est maquettiste depuis 1983, et qui a notamment réalisé une importante reproduction de Québec à l'époque de Samuel de Champlain, n'avait jamais travaillé sur un tel projet avant. «Les maquettes schématiques, je les fuyais comme la peste», explique-t-il en riant. Mais Michel Bergeron se dit entièrement satisfait du résultat final, d'autant plus qu'il a dû travailler vite contrairement à d'habitude. L'histoire de la bataille l'a tellement habité qu'il n'exclut pas se rendre sur les lieux, histoire de voir en grand ce qu'il a reproduit en petit.