Seulement pour rénover l’orgue de la basilique-cathédrale de Québec, il faudrait 1,5 million $
Seulement pour rénover l’orgue de la basilique-cathédrale de Québec, il faudrait 1,5 million $

La paroisse Notre-Dame de Québec dans le rouge à cause de la COVID-19

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
La paroisse Notre-Dame de Québec, responsable de la basilique-cathédrale de la capitale, est durement ébranlée par la COVID-19. L’absence de touristes, l’arrêt des croisières, lui aurait fait perdre 90 % de ses revenus.

«On est dans le rouge», observe Serge Simard, directeur général de la Fondation Patrimoniale Nostre Dame de Kebec. «Ça va avoir un impact pour les deux prochaines années.» 

«Il y a environ 950 000 personnes par année qui passent normalement [à la basilique]», dénombre-t-il. «Cette année, il y a 27 000 personnes qui sont venues nous visiter à l’heure actuelle.»

La Fondation, «le coussin» financier, ramasse les factures et poursuit la restauration du bâtiment historique en attendant que la tempête passe.

Desjardins offre 500 000 $

Mardi, c’était néanmoins jour de célébration. Desjardins annonçait officiellement sa participation à la campagne de financement 2018-2023 de la Fondation Patrimoniale Nostre Dame de Kebec.

«Les temps présents sont plutôt maussades», a observé le cardinal Gérald Lacroix, archevêque de Québec et Primat du Canada. La COVID-19 nous offre un «lot déprimant de mauvaises nouvelles».

Il y a néanmoins matière à réjouissances, observe-t-il. Comme cette contribution de 500 000 $ qui permettra de payer le tiers de la restauration de l’orgue de «l’église mère du Canada».

Président de la campagne de financement, le PDG du Port de Québec Mario Girard espère que cette subvention institutionnelle donnera un nouvel élan à la collecte freinée par le coronavirus SRAS-CoV-2. «On a la pandémie, ça ne rend pas la campagne facile.»

«Présentement, c’est vraiment dur», confirme Serge Simard, le dg de la Fondation. Depuis février, il estime avoir transmis quelque 150 sollicitations. «J’en ai eu peut-être 15 qui ont été positives; et c’était pour de petits dons.»

Pas assez pour atteindre l’objectif de 3,5 millions $. La récente contribution de Desjardins leur a néanmoins permis d’amasser jusqu’à maintenant environ 1,8 million $.

L’orgue et les tableaux

Seulement pour rénover l’orgue, il faudrait 1,5 million $, note M. Simard. En additionnant la participation de Desjardins et un précédent engagement d’Hydro-Québec, «on a 850 000 $ pour, au moins, débuter la restauration».

Les fonds recueillis jusqu’à maintenant servent, en outre, à la retouche des grands tableaux de l’église Notre-Dame-des-Victoires, l’autre église de la paroisse. Les cinq principaux tableaux de la basilique-cathédrale — reçus de France en 1923 lors de la reconstruction après le feu de 1922 — recevront les mêmes soins.

Puis il faudra poursuivre la réfection de la maçonnerie de la basilique. Il reste la face nord à réparer : une dépense supplémentaire de 700 000 $.

La basilique-cathédrale de Québec, dont les plus vieux éléments datent de 1647, est inscrite au Registre du patrimoine culturel du Québec. Des détails ici.

L’église Notre-Dame-des-Victoires, située dans la même paroisse, a été érigée à partir de 1688 à la Place-Royale. D’ordinaire, elle reçoit quelque 400 000 visiteurs par année. Son histoire est aussi racontée dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec ici

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UN ORGUE ET SON HISTOIRE

L’orgue de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec recevra ses premiers soins majeurs depuis 1984.

«Après 36 ans de loyaux services, cet instrument est plus que mûr pour une restauration majeure», évalue l’organiste titulaire depuis 1993, Marc D’Anjou. «Ça fait 22 ans que j’en parle !»

Construit en 1927, cinq ans après l’incendie qui a ravagé l’église en 1922, l’orgue Casavant Frères a été modifié en 1974.

Puis, en 1984, on avait voulu le «remettre en ordre» avant l’arrivée du pape dans la capitale, raconte M. D’Anjou. Sauf que les travaux s’étaient étirés… Les spécialistes ont sans doute eu quelques sueurs froides en livrant l’instrument fonctionnel seulement «un ou deux jours» avant l’arrivée de Jean-Paul II.

L’orgue fera maintenant un bond dans la modernité. Il sera notamment informatisé. M. D’Anjou pourra en jouer sur la console principale au balcon, mais aussi depuis le petit orgue installé sur la tribune où est célébré la messe catholique.

Marc D’Anjou espère que les travaux seront terminés avant Pâques 2021.