«Sainte-Brigitte-de-Laval est un cas intéressant», mentionne Julien Bérard-Chagnon, démographe chez Statistique Canada. Avec sa hausse de population de 29 % au cours des cinq dernières années, «c'est la ville - de plus de 5000 habitants - avec la plus haute croissance au Québec.

La palme de la croissance à Sainte-Brigitte-de-Laval

Illustrant concrètement l'étalement urbain vécu partout au pays, Sainte-Brigitte-de-Laval est la ville du Québec dont la population a le plus augmenté entre 2011 et 2016, avec une hausse six fois plus importante que la moyenne canadienne.
C'est ce qui ressort des données dévoilées lundi matin par Statistique Canada et résultant du plus récent recensement, réalisé en mai 2016.
«Sainte-Brigitte-de-Laval est un cas intéressant», mentionne Julien Bérard-Chagnon, démographe chez Statistique Canada. Avec sa hausse de population de 29 % au cours des cinq dernières années, «c'est la ville - de plus de 5000 habitants - avec la plus haute croissance au Québec. Parmi toutes les villes canadiennes, elle est en 11e place», explique le démographe. Au premier rang de cette liste se retrouve la ville de Warman, en banlieue de Saskatoon, qui a enregistré une hausse de sa population de 55 % entre 2011 et 2016. À titre comparatif, la moyenne canadienne se chiffre à 5 %.
Contactée par Le Soleil, la mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele, s'est dite très heureuse, mais «pas surprise» des chiffres dévoilés par Statistique Canada. «Sainte-Brigitte est une ville accessible aux jeunes familles, où il fait bon vivre, où on est proches les uns des autres», fait valoir celle qui dit constater depuis plusieurs années déjà l'engouement de la population pour sa ville. Mme Daniele remarque par ailleurs que «beaucoup de résidents proviennent des régions du Québec». Comme s'ils recherchaient la campagne près de la ville, illustre-t-elle.
Toutefois, la mairesse admet que la croissance démographique «a ses limites». «Il faut suivre la cadence du développement, et c'est un enjeu majeur pour nous. [...] Pour l'instant, on a réussi à augmenter le niveau de services tout en gelant le compte de taxes», mais l'élastique ne pourra pas continuer à s'étirer de la sorte indéfiniment, dit-elle. «Et le développement [dans les années à venir] va se faire en gardant ça en tête.»
Hausse de 3 % à Québec
Que ce soit à Saskatoon, à Québec, à Montréal, à Calgary ou à Toronto, Statistique Canada «constate» actuellement les effets de l'étalement urbain. Et comme dans bien d'autres grandes municipalités canadiennes, la population de la ville de Québec croît moins rapidement que celle de l'ensemble de la région de Québec. 
Entre 2011 et 2016, le nombre de résidents à Québec est passé de 516 576 à 531 902, une hausse de 3 %, alors que dans la région métropolitaine de Québec - qui inclut les villes en banlieue -, l'augmentation est de l'ordre de 4,3 %. À Lévis, la hausse se chiffre à 3,3 %, ce qui équivaut à la moyenne provinciale. Et bien que ces pourcentages soient inférieurs à la moyenne canadienne, il ne faut pas s'alarmer, assure Julien Bérard-Chagnon. «La ville de Québec a quand même augmenté de 3 % en cinq ans. C'est comparable à la ville de Montréal», dit-il.
Par ailleurs, Sainte-Brigitte-de-Laval n'est pas la seule ville en périphérie de Québec ayant enregistré une forte augmentation de sa population. Ses voisines, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier (21,9 %), Fossambault-sur-le-Lac (21,5 %), Shannon (18,6 %) et Stoneham-et-Tewkesbury (17,6 %) se démarquent également pour leur importante croissance démographique.
D'autres chiffres résultant du plus récent recensement seront dévoilés par Statistique Canada au cours des prochains mois. Ils concerneront l'âge, le sexe, le logement, les ménages, la langue, le revenu, la diversité ethnoculturelle, les peuples autochtones, la scolarité et le travail.