Une centaine de parents et de citoyens du centre-ville ont décidé de former une chaîne humaine devant l’école Cardinal-Roy pour manifester leur opposition face au changement de vocation de l’établissement qui pourrait ne plus offrir l’enseignement régulier et l’adaptation scolaire aux élèves du premier cycle, soit le premier et le deuxième secondaire.

La mobilisation se poursuit pour l'école Cardinal-Roy

Pour manifester leur opposition face au changement de vocation de l’école Cardinal-Roy, une centaine de parents et citoyens du centre-ville ont décidé de former une chaîne humaine devant l’établissement à l’occasion de la dernière séance de consultation publique.

Le comité citoyen s’oppose vigoureusement à l’idée que les cycles du premier et deuxième secondaire pour les secteurs «réguliers» et «adaptations scolaires» ne soient plus offerts par l’établissement scolaire de Saint-Sauveur. 

Les porte-parole du comité J’aime Cardi voient dans cette proposition une façon pour l’école de miser sur les étudiants «performants» dans les programmes contingentés de sports-arts-études. 

«On veut s’impliquer dans cette école et prouver qu’il est possible de joindre les intérêts du sport-étude, et ce sans sacrifier une partie des élèves», souligne Claudine Thériault, co-porte-parole du comité J’aime Cardi et mère d’un enfant en adaptation scolaire.

Selon l’autre porte-parole du comité citoyen, Audrey Santerre-Crête, l’école Cardinal-Roy poursuit dans la même ligne de pensée qu’au moment où elle a retiré l’enseignement régulier et l’adaptation scolaire pour les élèves du troisième au cinquième secondaire en 2009.

«Au lieu de mettre des efforts pour rendre plus attrayante l’image de l’école, on se contente de déplacer des élèves vers d’autres écoles pour miser sur ceux qui ont les moyens de s’inscrire au programme de sports-études», ajoute-t-elle.

Recommandations

Parmi leurs recommandations, le comité-citoyen souhaite que le parcours complet de cinq ans soit rétabli au sein de l’établissement. Selon mesdames Santerre-Crête et Thériault, «le fait de proposer seulement le secondaire 1 et 2 n’encourage pas le nombre d’inscriptions à cette école».

De son côté, la présidente de la commission scolaire de la Capitale, Manon Robitaille, se défend de vouloir retirer des services aux étudiants ayant des parcours scolaires plus difficiles.

«La décision n’est pas encore prise, nous sommes ici ce soir pour écouter les mémoires de tous les intervenants. Il n’est pas question ici de couper des services à nos élèves, dans le projet il est, au contraire, question d’offrir plus de support à ses étudiants», explique Mme Robitaille.


« On veut s’impliquer dans cette école et prouver qu’il est possible de joindre les intérêts du sport-étude, et ce, sans sacrifier une partie des élèves »
Claudine Thériault, co-porte-parole du comité J’aime Cardi et mère d’un enfant en adaptation scolaire

Selon elle, ainsi que d’autres intervenants, il sera plus bénéfique pour ces élèves de se retrouver dans un établissement où la vie étudiante sera plus dynamique et sécurisante pour eux. 

Parmi les nombreux intervenants lors de la consultation publique, certains ont proposé que des compensations soient offertes aux familles en cas de déplacement de leurs enfants vers une autre école.

Il fut notamment question de transport en commun à prix réduit, de répartition géographique adaptée selon le lieu de résidence de l’enfant, ainsi que des compensations financières si des dépenses supplémentaires devaient être faites dans un autre établissement.

L’exemple de l’achat d’un uniforme obligatoire à l’école Vanier a été cité en exemple. Cette école est l’une des plus susceptibles d’accueillir les élèves de Cardinal-Roy, tout comme l’école de la Cité dans Limoilou. 

Manque de mixité

Le comité-citoyen dénonce le manque de mixité au sein de la population étudiante, si une partie de ceux-ci devaient changer d’école.

«On vit en basse-ville, car on aime la mixité des gens et on veut que nos enfants connaissent ça à l’école», explique Audrey Santerre-Crête. 

«On empêche nos enfants de se projeter dans d’autres réalités et d’une certaine façon on les éloigne de ce qui se passe dans la vie d’adulte», ajoute Mme Thériault.

Présente lors de l’événement, la députée de Taschereau, Catherine Dorion a signalé son inquiétude par rapport au manque de promotion des écoles publiques à la différence des écoles privées ou spécialisées.

+

PAS D'IMPLICATION IMMÉDIATE DU MINISTRE DE L’ÉDUCATION

Appelé à réagir à ce projet de la commission scolaire de la Capitale, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge s’est fait prudent. «On va laisser le processus suivre son cours. On ne veut pas s’immiscer», a indiqué son attaché de presse Francis Bouchard. 

Si le projet va de l’avant, le ministère de l’Éducation aura toutefois à se prononcer en autorisant ou non cette transformation de l’école. «Si la demande arrive sur le bureau de M. Roberge, il va l’analyser en temps et lieu», ajoute M. Bouchard. 

Toutefois, la décision finale dans ce dossier devrait être prise par le ministère de l’Éducation d’ici Noël, selon la présidente de la commission scolaire de la Capitale, Manon Robitaille.  Patricia Cloutier