Des manifestations violentes ont éclaté à Bassorah et dans d'autres villes ces dernières semaines, en raison de la lenteur de la reconstruction dans le pays et de la corruption généralisée au sein du gouvernement.

La mission canadienne en Irak pourrait être prolongée

OTTAWA — L'armée canadienne élabore divers scénarios pour prolonger sa mission en Irak, alors que l'instabilité politique croissante menace de plonger ce pays dans un nouveau cycle de violences sanglantes.

La mission actuelle implique des centaines de soldats des Forces spéciales, des avions de transport et de ravitaillement, un hôpital militaire et des experts dans la lutte contre les engins explosifs. L'opération «Impact» vient d'entamer sa cinquième année, et elle devrait expirer à la fin du mois de mars.

Pourtant, le brigadier général Colin Keiver, commandant de la Force opérationnelle interarmées en Irak, s'attend à ce que le gouvernement de Bagdad continue, dans un avenir prévisible, à dépendre du Canada et d'autres partenaires internationaux.

C'est pourquoi l'état-major canadien élabore des propositions qui seront soumises au cabinet cet automne, a indiqué le brigadier général Keiver, vendredi, au cours d'une téléconférence avec les médias pour faire le point sur les récentes réalisations de la Force opérationnelle.

Même avec une extension de l'opération Impact, la paix et la stabilité sont loin d'être rétablies pour de nombreux Irakiens, coincés dans des luttes politiques internes et de profondes divisions ethniques et religieuses à travers tout le pays. Quatre mois après des élections législatives, le pays reste sans gouvernement, et on craint que les tensions entre les différentes factions politiques — certaines soutenues par les États-Unis, d'autres par l'Iran — ne dégénèrent en guerre civile.

Pendant ce temps, des manifestations violentes ont éclaté à Bassorah et dans d'autres villes ces dernières semaines, en raison de la lenteur de la reconstruction dans le pays et de la corruption généralisée au sein du gouvernement — et alors que Daech demeure toujours une menace, malgré sa supposée défaite l'an dernier.