Les grandes marées ont emporté la chaussée et des murs de soutènement ont cédé à certains endroits.

La mer détruit de larges pans de la 132

La mer a littéralement arraché la route 132 en quatre endroits, tôt vendredi matin, sur une distance de plus de 80 kilomètres de longueur entre le secteur de Tourelle à Sainte-Anne-des-Monts et le secteur de Manche-d'Épée à Sainte-­Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine.
«Les grandes marées ont emporté la chaussée et des murs de soutènement ont cédé», raconte l'agente d'information du ministère des Transports du Québec (MTQ), Myriam Leclerc. «Quatre secteurs ont été touchés. La route était déjà fermée à cause des mauvaises conditions climatiques.»
Des sections de la route sont parties à la dérive dans le fleuve. «Les bris sont importants», souligne la porte-parole du MTQ. «On a des ingénieurs qui sont sur place pour évaluer l'ampleur des bris, procéder à une inspection et prévoir les interventions à venir.» Les dégâts les plus importants sont entre La Martre et Saint-Maxime-du-Mont-Louis.
La Sûreté du Québec a ouvert un poste de commandement dans ses bureaux de Sainte-Anne-des-Monts afin de gérer «une situation de catastrophe naturelle», a indiqué le porte-parole, Claude Doiron. «C'est de là que se fait toute la coordination de cette opération-là. On a mis en branle un plan en mesures d'urgence. On a aussi des policiers qui sont sur place et qui prêtent assistance au ministère des Transports sur la route 132.»
Des rencontres de coordination ont été organisées entre le ministère des Transports, la Sûreté du Québec, le ministère de la Sécurité civile et les municipalités qui sont touchées par l'entrave routière. «Ces populations ne sont pas en situation d'enclave», nuance cependant le directeur régional du ministère de la Sécurité civile, Jacques Bélanger. 
Aucune circulation samedi
Samedi, pour une deuxième journée, aucune circulation ne sera possible dans le secteur entre Tourelle et Saint-Maxime-du-Mont-Louis. Cependant, les gens qui veulent sortir de leur municipalité ou encore ceux qui veulent accéder aux localités concernées, peuvent emprunter un long détour de deux heures de route. «Ils peuvent utiliser la route du parc de la Gaspésie, la 299, puis utiliser la route 1000 à Murdochville et revenir par la route 198, signale le sergent Doiron. Advenant une situation d'urgence où on devrait se rendre dans une de ces municipalités-là, il y aurait une possibilité sous escorte policière.» 
En revanche, la circulation est praticable, bien qu'au ralenti, dans le secteur entre L'Anse-Pleureuse et Manche-d'Épée, qui a été moins endommagé.
La situation était encore préoccupante en fin d'après-midi vendredi alors que les intervenants appréhendaient le retour de vagues déferlantes et de forts vents. Mais, heureusement, les puissantes rafales du nord-ouest ont changé de direction en après-midi. «Les vents ont changé de côté et ça a cassé la vague», explique Jacque Bélanger. Ça a diminué l'intensité de la vague, ce qui fait qu'il n'y a eu aucun impact.» Mais le directeur régional de la Sécurité civile assure que son équipe suit attentivement l'évolution des conditions climatiques, en collaboration avec Environnement Canada.
Impossible pour le moment de déterminer quand la route pourra être rouverte à la circulation. Devant l'ampleur des dégâts, il est possible que l'entrave ne puisse être levée avant quelques jours. «C'est difficile de répondre à cette question, admet Jacques Bélanger. On n'a même pas fini de faire le constat des dommages! Le soir et la nuit, les ingénieurs peuvent pas travailler, en plus des conditions climatiques difficiles. Mais, dès demain matin [samedi], le MTQ a dit qu'il commencerait les travaux. L'important, c'est qu'il n'y a eu aucun blessé ni dégât dans les municipalités, sauf la route 132 qui relève du MTQ.»