Construite en 1910, la maison Rodolphe-Audette est située sur la rue Saint-Laurent, non loin du secteur de la Traverse. Elle a appartenu à Rodolphe Audette, cinquième président de la Banque Nationale et vice-président de la Compagnie du pont de Québec.

La maison Rodolphe-Audette sera démolie

La décision finale est tombée: la maison patrimoniale Rodolphe-Audette de Lévis sera démolie. Le comité de citoyens qui militait pour sa sauvegarde perd la bataille qu’il a menée pendant 4 ans.

«C’est une journée très triste. Ça fait depuis 2014 qu’on se bat. On croyait vraiment que le maire Gilles Lehouillier avait tendu la main aux citoyens pour sauver la maison, mais il n’en est rien», déplore Michel Belleau, membre du comité de mise en valeur de la maison Rodolphe-Audette.

Cette résidence centenaire du Vieux-Lévis, qui offre une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent, est laissée à l’abandon depuis 20 ans. Aux prises avec de l’infiltration d’eau et arborant de nombreux graffitis, le comité de démolition de la Ville de Lévis a jugé, le 3 juillet dernier, qu’elle était irrécupérable. Son propriétaire Jacques Laflamme a finalement eu gain de cause et pourra construire son projet de deux immeubles de six logements chacun.

Le comité de citoyens déplore que cette décision ait été prise «en catimini», en période de vacances. Même s’il dispose d’un délai de 30 jours pour faire appel, le comité croit qu’il n’y a plus d’espoir. «On n’embarque plus là-dedans. On a assez joué aux fous», lance M. Belleau.

Réhabilitation coûteuse

Le comité de démolition, qui comprend les conseillers municipaux Ann Jeffrey, Réjean Lamontagne et Michel Turner, appuie sa décision sur un rapport de la firme Génie +, qui a constaté une détérioration «exponentielle» de la maison en décembre 2017. Réhabiliter le bâtiment coûterait 688 000$. 

Les membres du comité de démolition ont reconnu qu’il s’agissait d’un «bâtiment patrimonial d’exception», mais ils ont jugé que les coûts de restauration étaient «prohibitifs».

En 2014, le conseil municipal de Lévis , le maire Gilles Lehouillier en tête, avait cassé la décision de son comité de démolition et décidé de sauvegarder le bâtiment. Même si depuis, un programme particulier d’urbanisme (PPU) a été adopté pour protéger l’architecture du Vieux-Lévis, la Ville n’a posé aucun geste concret pour récupérer la maison Rodolphe-Audette et lui trouver une nouvelle vocation. 

En août 2017, le comité de citoyens a déposé à la Ville un projet pour transformer la maison en écomusée populaire dédié à l’histoire et à la généalogie de Lévis. Le comité dit n’avoir obtenu aucun suivi, pas même d’accusé réception. «Le patrimoine, il pèse pas lourd au Québec», critique M. Belleau. 

Le maire Gilles Lehouillier n’a pas voulu commenter le dossier mercredi. Son cabinet plaide que la Ville de Lévis ne veut pas interférer dans le processus légal et administratif qui est en cours, car les citoyens ont jusqu’au 3 août pour contester la décision du comité de démolition. 

La Ville de Lévis a adopté en 2017 un nouveau règlement sur les démolitions, plus exigeant envers les propriétaires qui laissent leurs maisons à l’abandon. «C’est fini le saccage des bâtiments patrimoniaux», avait alors clamé M. Lehouillier. Sauf que le cas de la maison Rodolphe-Audette a été jugé selon les paramètres de l’ancien règlement. 

Construite en 1910, cette maison située sur la rue Saint-Laurent, non loin du secteur de la Traverse, a appartenu à Rodolphe Audette, cinquième président de la Banque Nationale et vice-président de la Compagnie du pont de Québec.