Par le passé, ce local qui permet aux itinérants de se réchauffer et de prendre un café, un bouillon ou une collation durant la nuit n’était ouvert que quand le mercure passait sous les - 10 °C.

La Maison Lauberivière mieux outillée pour faire face aux grands froids

Même si ses lits sont présentement occupés au maximum de sa capacité, la Maison de Lauberivière est mieux outillée cette année pour faire face aux grands froids qui se poursuivront jusqu’au début de la nouvelle année.

Lauberivière peut en effet ouvrir cette année son local Le Réchaud tous les jours jusqu’au début du printemps. Sans compter qu’elle bénéficie indirectement d’une nouvelle mesure du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux qui a ouvert 15 lits supplémentaires afin de compenser la surcharge de clientèle dans les refuges pour itinérants.

«Cette nuit, il y a eu 19 personnes au Réchaud. C’est notre deuxième nuit la plus occupée cette année après celle de la tempête, où nous avions reçu 21 personnes», expliquait mercredi Éric Boulay, directeur général de Lauberivière. 

Par le passé, ce local qui permet aux itinérants de se réchauffer et de prendre un café, un bouillon ou une collation durant la nuit n’était ouvert que quand le mercure passait sous les - 10 °C. Cette année cependant, une contribution financière de l’entreprise GDG Informatique permet l’ouverture du Réchaud du 1er décembre au 31 mars.

«Maintenant, personne ne se demande si c’est ouvert ou non : ça l’est. C’est un avantage important parce que quand tu es dans la rue, tu es souvent en mode survie», explique M. Boulay. «Également, l’objectif “caché” du Réchaud est ensuite d’attirer ces gens aux 72 lits du refuge de Lauberivière. Et ça fonctionne très bien.»

Surcharges

Éric Boulay souligne que son organisme doit composer chaque mois avec des surcharges de bénéficiaires depuis l’automne 2016. «Ironiquement, c’est en plein mois de juillet qu’on en a refusé le plus, soit 24 en une seule journée, faute de places.»

De nouveaux cas d’itinérance qui s’ajoutent à la clientèle existante causeraient ces débordements. «Pourquoi c’est comme ça? C’est un grand mystère. On peut parler du coût de la vie qui augmente, du fait que la société ne laisse plus de place aux écarts de conduite, de l’endettement également. Cependant, l’accès au logement est un facteur de risque important et, on le sait, il en coûte de plus en plus cher de se loger à Québec», souligne M. Boulay.

Avec les grands froids des derniers jours, tout le personnel de Lauberivière est en place, l’établissement est ouvert 24 heures et compte suffisamment de bénévoles pour faire face à la demande. Il ne manque que les dons du public et des entreprises pour permettre à l’organisme de bien remplir sa mission.

«Nous sommes en campagne de financement jusqu’au 31 janvier. L’an dernier, nous avions amassé 750 000 $ et nous visons 800 000 $ cette année. On a déjà plus de la moitié du chemin de fait, mais il faut vraiment que les gens donnent», conclut Éric Boulay, invitant le public à faire un don en ligne à www.lauberiviere.org ou par téléphone à 418 692-4248.

Glacial jusqu’en 2018

Les grands froids ont favorisé la formation d’un couvert de glaces sur le fleuve, ce qui a eu pour effet de compliquer la navigation.

Une poussée d’air arctique se répand d’un bout à l’autre du pays et accompagnera les Canadiens jusqu’en 2018. Environnement Canada a lancé des avertissements de froid extrême de la Colombie-Britannique jusqu’aux provinces de l’Atlantique, en raison des risques d’engelure et d’hypothermie.

Alexandre Parent, un météorologue de l’agence fédérale, souligne que le caractère exceptionnel de cette vague de froid, attisée par le refroidissement éolien, relève surtout de son étendue géographique et de sa durée. Il explique que le mercure se situera de 10 à 15 °C en deçà des normales saisonnières pour au moins une semaine. Bien que peu de records devraient être fracassés, cet épisode pourrait s’étirer sur toute la première semaine de la nouvelle année. Il faut remonter à 1993 pour observer un après-Noël aussi glacial, soulève M. Parent.

Le cœur de l’air froid se fraiera un chemin à partir des Prairies vers les provinces maritimes en épargnant la Côte-Nord et la Gaspésie.

Au Québec, dans les régions ciblées par des avertissements météorologiques, le mercure doit osciller entre 38 et 42 °C sous le point de congélation.

La porte-parole de CAA-Québec, Annie Gauthier, indique que ces basses températures ont empêché bien des véhicules de démarrer mercredi matin. CAA-Québec, qui a déployé un maximum d’effectifs sur les routes, dit avoir reçu quelque 4000 appels sollicitant des services de survoltage et de remorquage en avant-midi seulement.  Avec La Presse canadienne