Pour ceux qui souhaitaient un gel de taxes dans le secteur non résidentiel, le maire Régis Labeaume écarte la possibilité.

La hausse des taxes municipales fixée à l’inflation

Les propriétaires d’une résidence et les commerçants de Québec verront en 2019 leur compte de taxes augmenter au même rythme moyen de 1,2 %. La prochaine année marque ainsi le début d’une nouvelle politique en matière de taxation qui élimine «l’insécurité et les mauvaises surprises».

La Ville de Québec a présenté lundi un budget 2019 équilibré de 1,5 milliard $. Les dépenses de 1,3 milliard $ sont en hausse de 1,9 % par rapport à 2018, auxquelles il faut ajouter 126 millions $ pour le paiement comptant en immobilisations. 

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Après deux années de gel des taxes résidentielles, les propriétaires doivent s’attendre à une hausse moyenne de 1,2 %. Pour la résidence unifamiliale moyenne évaluée à 283 000 $, incluant les copropriétés, la hausse représente 34 $. Nouveauté, il sera possible pour la première fois de payer la facture en quatre versements sans intérêt.

Dorénavant, la Ville calculera la hausse en fonction de l’indice du prix à la consommation (IPC) réel. L’IPC observé entre septembre 2017 et août 2018 s’élève à 1,4 %, d’où la hausse moyenne de 1,2 %.

Par le passé, le calcul était fait d’après l’IPC projeté pour l’année à venir. Cette façon de faire pouvait créer un écart défavorable pour les payeurs de taxes. C’est pour corriger cet écart que la Ville a offert un gel de taxes au cours des deux dernières années.

En réalité, la variation de la hausse se situe entre 2 % pour Vanier à 1,4 % pour Québec, en raison notamment du fardeau de la dette des anciennes villes d’avant les fusions de 2002 et de l’harmonisation du fardeau fiscal. Les résidents de Val-Bélair, Cap-Rouge et Loretteville peuvent même compter sur une diminution pouvant atteindre jusqu’à -1,7 %.

Commerçants

Les commerçants, qui ont souvent critiqué les hausses de taxes marquées au cours des dernières années, verront le calcul de leur compte augmenter, comme pour le secteur résidentiel, selon l’IPC réel. La Ville répond ainsi à une recommandation du Groupe de travail sur l’environnement économique des entreprises pour «favoriser le développement et la compétitivité économique». 

Pour ceux qui souhaitaient un gel de taxes dans le secteur non résidentiel, M. Labeaume écarte la possibilité. «Il faut que ça devienne un coût fixe pour les commerçants. Les gens d’affaires veulent qu’on soit prévisible et savoir où ils s’en vont», a lancé le maire, justifiant le choix de les taxer à l’inflation. D’autre part, il rappelle que le ratio de 3,04 des taxes non résidentielles par rapport aux taxes résidentielles est l’un des plus bas au Québec pour les villes de 100 000 habitants et plus.

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LA VILLE À L'ÉTROIT

La Ville de Québec investira 55 millions $ sur trois ans, dont 32 millions $ en 2019, pour acquérir de nouveaux espaces. «Ça nous prend du terrain pour les parcs technologiques. Il faut qu’on achète», lance Régis Labeaume. On a quasiment plus de demandes que d’offres. On vient serré et on ne veut pas ralentir la croissance», ajoute-t-il. Le maire prend en exemple le parc technologique Chauveau qui se remplit rapidement, d’autant plus que Simons occupe à lui seul une grande partie de l’espace disponible. «On ne pensait jamais en vendre autant à Simons pour son immense centre de distribution», précise M. Labeaume. Une partie des acquisitions servira aussi à la construction de logements sociaux. 

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COMPENSATIONS POUR LES TRAVAUX

En marge du budget, le maire de Québec a confirmé que les commerçants qui subiront d’éventuelles pertes en raison des travaux liés à l’implantation du tramway pourront participer à un programme de compensation financière. C’est la première fois que Régis Labeaume se montrait aussi clair dans ses intentions. «C’est sûr qu’on va avoir un programme. On examine les programmes ailleurs, dont celui de Montréal. Il faut s’assurer de payer les pertes réelles et c’est compliqué. Les tabagies n’ont pas nécessairement des états financiers vérifiés», explique-t-il. Et où prendra-t-on l’argent? La Ville veut d’abord déterminer qu’est-ce qui est admissible dans l’enveloppe de 2,9 milliards $ attendu des gouvernements provincial et fédéral. De cette somme, la Ville a prévu un budget de contingence de 500 millions $.