Luci Tremblay avoue avoir subi un certain choc culturel en arrivant au Japon, il y a maintenant six mois.

La folle aventure japonaise de Luci Tremblay

Luci Tremblay vit une aventure à la fois dépaysante et stimulante comme déléguée générale du Québec à Tokyo. De retour au Québec pour la première fois en six mois, l’ex-directrice des communications du Festival d’été de Québec a raconté le début de sa folle aventure au Pays du soleil levant.

«Mon travail est passionnant! En une même journée, je peux parler de culture, d’intelligence artificielle et de nanotechnologies», raconte avec un sourire contagieux celle qui rencontre des artistes et des entreprises qui veulent percer le marché japonais.

Par contre, Luci Tremblay avoue avoir subi un certain choc culturel en arrivant au pays d’Ichiro Suzuki. «Je découvre une société qui vit de façon très différente de la nôtre», explique celle qui avoue bien humblement ne pas parler la langue du pays. «Mais j’ai des cours deux fois par semaine... Je me débrouille avec le langage des signes, j’ai appris à m’en servir et quand je dis quelques mots de Japonais, les gens sont tellement contents qu’ils font beaucoup d’efforts pour m’aider», raconte-t-elle.

Autre contraste: la densité de population dans la seconde plus grande région métropolitaine au monde. «À Tokyo, il y a autant de monde que dans tout le Canada, alors tout est plein tout le temps, partout! Le métro, les routes, les centres commerciaux, les restaurants!»

Relations méconnues

Consciente que les relations Québec-Japon sont méconnues, Luci Tremblay rappelle qu’il s’agit du second partenaire le plus important du Québec en Asie après la Chine et de son cinquième partenaire mondial. Le sirop d’érable, les canneberges, le saumon fumé et les bicyclettes Louis Garneau, qui y sont présentes depuis 20 ans, font partie des produits québécois prisés des Nippons.

«Les exportations du Québec au Japon représentent 1,4 milliard $ et sont en augmentation constante. Le Japon est devenu un marché très important pour le porc du Québec, qu’on exporte énormément là-bas. Par exemple, saviez-vous que le porc du Québec a remplacé l’an dernier le porc des États-Unis dans les 26 Costco du Japon?» indique celle qui connaît ces données sur le bout des doigts.

Culture

La culture, au rythme de laquelle Luci Tremblay a vibré durant près de 10 ans au Festival d’été, est aussi bien présente dans son quotidien. «Il y a quelques semaines, j’ai assisté au premier spectacle de Moment Factory en Asie», indique celle qui met aussi en relation des artistes québécois qui veulent percer au Japon avec des artistes japonais.

Celle qui était aussi une grande consommatrice de théâtre et de cinéma a aussi assisté à des représentations de Littoral de Wajdi Mouawad et de La fureur de ce que je pense de Marie Brassard... en Japonais. «C’est intéressant, mais j’avoue m’ennuyer un peu de la culture québécoise!»

Et le Festival d’été, qui a occupé son temps au cours de la dernière décennie et auquel elle ne sera pas associée pour la prochaine présentation? «J’essaie de ne pas trop y penser, mais... peut-être que le 5 juillet, je vais y penser très, très fort!» avoue-t-elle en terminant.

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UN ATELIER SUR LA SÉCURITÉ

C’est un atelier de travail sur la sécurité donné à tous les chefs de postes du ministère des Relations internationales qui a ramené Luci Tremblay à Québec cette semaine.

François Audet, professeur au département de management et technologie de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, et son équipe ont effectué une mise à jour notamment au sujet des enjeux sécuritaires en matière de menaces terroristes, mais aussi de changements climatiques et de santé publique.

«Il s’agit d’en apprendre plus sur les menaces possibles, sur les mesures à mettre en place pour en diminuer l’impact et, si ces menaces surviennent, comment gérer la crise. Par exemple, quand vient le temps de mettre en place un protocole en cas d’éclosion d’Ebola», a expliqué M. Audet.

«Il y a des zones qui, autrefois, étaient calmes et qui sont maintenant à risque», évoque-t-il en mentionnant les attaques terroristes à Bruxelles, les récents événements de Toronto ou la situation qui prévaut à Mexico avec les gangs de rue qui se font de plus en plus présents.

Entouré d’une équipe de sept experts, M. Audet pouvait par exemple s’inspirer de l’exemple d’ambassadeurs qui se sont retrouvés en situation d’évacuation massive après le tremblement de terre de 2010 à Haïti.