Des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé ont établi un «camping» devant l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, mardi
Des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé ont établi un «camping» devant l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, mardi

La FIQ fait du camping pour que les infirmières aient suffisamment de vacances

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Des infirmières de la FIQ faisaient du camping, mardi, pour pousser les employeurs à s’entendre avec leur syndicat local sur les modalités des vacances, alors que le déconfinement est amorcé dans le cadre de la crise du coronavirus.

Ainsi, des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé ont établi un «camping» devant l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, mardi à 6h. Et les manifestantes comptent y rester jusqu’à jeudi 6h. Leur thème est d’ailleurs «camping forcé: c’est ici qu’on passe l’été».

Depuis le 19 mai et de différentes façons, la FIQ manifeste pour ce droit aux vacances, inscrit dans la convention collective.

Un arrêté ministériel permet en effet aux directions d’établissements de reporter des vacances ou d’en limiter l’exercice, à cause de la crise du coronavirus. Les CISSS et CIUSSS (Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux) soutiennent qu’ils n’ont pas le choix et qu’ils doivent veiller à l’organisation des soins sur leur territoire, afin qu’il n’y ait pas de rupture de soins et services.

Mais la FIQ réplique que certains CISSS et CIUSSS profitent des pouvoirs que leur donne l’arrêté ministériel, même lorsqu’il n’y a pas ou peu de cas de coronavirus dans leurs établissements.

En entrevue mardi, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a précisé que sept CISSS ou CIUSSS au Québec ne se sont toujours pas entendus avec leur syndicat respectif de la FIQ quant à la prise de vacances.

Dans la majorité des cas, chez ceux qui ont conclu une entente, les parties ont convenu d’une durée de trois semaines consécutives de vacances, a précisé Mme Bédard.

D’autres ont adopté l’horaire appelé «7-7», soit sept jours de travail, puis sept jours pour se reposer. «Il y a toutes sortes d’aménagements» qui ont été négociés entre les parties, rapporte Mme Bédard.

La campagne de la FIQ avait débuté le 19 mai, avec une manifestation devant les bureaux du premier ministre François Legault - qui n’avait guère apprécié, d’ailleurs, et qui avait dénoncé la FIQ, lors de sa conférence de presse sur la pandémie.

La semaine dernière, la FIQ avait manifesté sous le thème «mortes de fatigue» devant un CHSLD du Nord-de-l’île-de-Montréal. Les manifestantes s’étaient même couchées sur le trottoir pour illustrer leur épuisement.

Mme Bédard souligne que ces moyens de pression ont porté fruit puisque depuis, plusieurs CISSS et CIUSSS se sont entendus avec leur syndicat respectif - dont celui du Nord-de-l’île-de-Montréal.

Elle prévient qu’»on ne lâchera pas» pour les sept CISSS et CIUSSS qui restent. «Nos membres sont totalement vidées, épuisées et elles l’étaient avant la crise», affirme-t-elle. Elle craint d’ailleurs les répercussions d’une deuxième vague, l’automne prochain, si ses membres n’ont pas eu l’occasion de se reposer d’ici là.

L’APTS aussi

Des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) manifestaient également mardi sur le territoire de plusieurs CIUSSS de Montréal.

En plus des mêmes problèmes avec la prise de leurs vacances, les membres de l’APTS en éprouvent aussi avec des primes gouvernementales qui leur ont été refusées.

La FIQ représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et autres professionnelles en soins.

L’APTS représente 55 000 techniciennes en radiologie, en laboratoire, travailleuses sociales, psychologues et autres.