La vice-première ministre Geneviève Guilbault rendra bientôt public son document sur la réalité policière en 2019, elle le présentera à l’Assemblée nationale en décembre prochain.

La Fédération des policiers municipaux demande 788 millions $ à Québec

Pas moins de 788 millions $ sont réclamés au gouvernement Legault pour «mettre fin à l’iniquité» dans le financement des services policiers au Québec. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, assure que la question du financement sera abordée dans son «livre vert» qui sera publié en décembre.

C’est le montant qu’a demandé le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), François Lemay, en conférence de presse dimanche à Laval. Ce chiffre équivaut à 47 % des frais de fonctionnement des 33 corps policiers municipaux qu’il représente dans la province, dont trois services autochtones, et qui desservent au total une population de 5,5 millions d’habitants.

La FPMQ explique qu’il s’agit du même pourcentage qui est remboursé aux municipalités dont la sécurité publique a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ). Son président déplore d’ailleurs ce qu’il a qualifié de «système à deux vitesses» qui perdure depuis 20 ans puisque la plupart des municipalités dotées de leur propre service de police ne reçoivent aucune subvention et doivent assumer la totalité de la facture, même si leurs citoyens paient aussi pour les services de la SQ des municipalités voisines à même leurs impôts.

«Alors, ça fait 20 ans que ce système existe et que 30 des villes qui ont une police municipale ne sont pas subventionnées. Alors, dans un contexte où le gouvernement se prépare à revoir le modèle de la police au Québec, et bien nous on dit assez, c’est assez! La priorité du gouvernement devrait être de financer l’ensemble des services policiers au Québec de la même manière», a affirmé M. Lemay.

Il estime que cette situation a fait passer le nombre de corps policiers municipaux de 120 à 33 depuis les deux dernières décennies.

François Lemay souligne que le gouvernement du Québec s’apprête même à assumer 50 % de la facture liée aux services de la SQ à compter de 2020, ce qui fera passer les montants remboursés aux municipalités protégées par la SQ de 300 millions à 375 millions $, tandis que les autres municipalités ne recevront rien.

Le «livre vert» de Guilbault

La vice-première ministre rendra bientôt public son document sur la réalité policière en 2019, elle le présentera à l’Assemblée nationale en décembre prochain.

«C’est certain que le coût des services policiers va faire partie de l’exercice que je compte lancer à la suite de la publication de mon livre vert», avance-t-elle.

Les manières de «moderniser la police» au Québec seront alors analysées et le coût des services policiers ainsi que les différences entre les services municipaux et la Sûreté du Québec feront partie de la réflexion. 

Si les frais assumés par le gouvernement augmentent, il y aura «certainement un impact sur le compte de taxes des contribuables», a aussi prévenu Mme Guilbault. Elle termine en rappelant que le sujet des coûts qui augmentent pour la police est discuté depuis plusieurs années et que la sortie de la FPMQ de dimanche matin «démontre une fois de plus la pertinence» de tenir un exercice d’analyse de la situation.

Selon les statistiques fournies par la FPMQ, les coûts réels d’un territoire desservi par la SQ sont plus élevés que pour ceux desservis par des services policiers municipaux.

Si la FPMQ se dit prête à assumer sa part dans la réorganisation des services policiers au Québec, elle estime toutefois que le moment est venu d’être équitable envers tous les acteurs du milieu, d’autant plus que le Québec nage dans les surplus.

«Si le gouvernement décide de financer la police, c’est une mesure directe pour aider le citoyen, chez lui, sur son compte de taxes, a fait valoir François Lemay en conférence de presse. Pour nous, c’est clair que cette situation-là correspond exactement à ce que le gouvernement voulait faire avec ses surplus et on représente les deux tiers de la population au Québec.»

La FPMQ représente quelque 10 000 policiers dans la province, couvrant parfois de vastes territoires comme les services de police des villes de Montréal, de Québec, de Longueuil, de Gatineau et de Laval.