La Commission d'urbanisme et de conservation de Québec vient en effet de donner son aval à la disparition du monastère des Dominicains.

La démolition du monastère des Dominicains débutera le 21 mars

La démolition du monastère des Dominicains débutera le 21 mars, la Ville de Québec s'apprêtant à donner le feu vert au Musée national des beaux-arts du Québec, qui compte y ériger son nouveau pavillon à partir d'avril 2012.
La Commission d'urbanisme et de conservation de Québec vient en effet de donner son aval à la disparition du couvent. Dans le procès-verbal d'une rencontre tenue le 15 février, on peut lire qu'elle accorde un permis de démolition, des travaux évalués à 1,3 million $. Pour les intéressés, il en coûtera 110 $ au Musée pour obtenir ledit permis.
La Ville de Québec a refusé de confirmer l'octroi du document, l'arrondissement de La Cité-Limoilou n'ayant pas encore donné son aval, ce qui ne serait qu'une formalité.
Les travaux de démolition débuteront le 21 mars et dureront jusqu'au 22 juillet, selon un échéancier fourni par le Musée. Ces quatre mois de travaux s'expliquent par la présence d'amiante dans les murs de l'ancien monastère.
De plus, la méthode retenue pour raser l'édifice ralentit le rythme des travaux. Le Musée ne parle d'ailleurs pas de démolition, mais de «déconstruction».
«Nous allons récupérer ce qui peut être récupéré et servir encore pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de pollution au gré d'un exercice comme celui-là», a indiqué au Soleil le responsable de l'agrandissement du Musée, John Porter, rappelant qu'il souhaite avoir un bâtiment vert.
Du 15 août au 15 novembre, on procédera aux travaux de décontamination et d'excavation du sol. Une partie de l'endroit a en effet déjà abrité un garage, ce qui laisse présager la présence d'hydrocarbures. John Porter ne s'attend pas à de mauvaises surprises risquant de faire gonfler la facture. «La portion de terre meuble n'est pas considérable. On tombe vite sur le roc.»
La construction en soi du nouveau pavillon du Musée débutera ensuite en avril 2012 pour s'étendre jusqu'en mars 2014.
Financement privé
Farouchement opposée à la démolition du monastère des Dominicains, la conseillère Anne Guérette déplore de voir la Ville octroyer le permis de démolition avant que le Musée ne trouve la totalité du financement privé nécessaire à ce projet.
«Imaginez-vous qu'on démolisse et qu'on découvre dans six mois qu'ils n'ont pas tout l'argent. Pas donner le permis tant que le budget n'est pas entièrement finalisé, ça serait responsable de la part de la Ville d'agir de la sorte», estime l'élue.
«Nous n'avons aucune inquiétude quant à la contribution du secteur privé», rétorque John Porter. Lancée en septembre, la campagne de financement auprès du privé va bon train, assure-t-il. D'ici six mois, son organisation compte dévoiler combien d'argent a été récolté et, déjà, M. Porter se dit «très confiant» d'avoir alors amassé la moitié de l'objectif final de 22,6 millions $.
À noter, le Musée a requis l'aide de Pierre Lassonde et de Jacques Ménard, de BMO, et d'Yvon Charest, de l'Industrielle Alliance, pour coprésider cette campagne de mécénat.