La demande pour Uber en «forte augmentation» à Québec

Au cours des trois derniers mois, environ 500 chauffeurs Uber ont effectué plus d'une course dans la région de Québec et 16 000 personnes ont utilisé le système grâce à l'application mobile.
À l'occasion d'une conférence de presse visant à souligner l'ouverture d'un bureau permanent à Québec et le «deuxième anniversaire» de l'arrivée de l'entreprise dans la capitale, le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a dévoilé pour la première fois des statistiques sur la «forte augmentation de la demande» pour les services locaux de sa firme.
Pour la controversée multinationale, il s'agissait aussi d'une occasion de démontrer sa volonté d'offrir une image de «bon citoyen corporatif», alors qu'un projet pilote est en cours, depuis septembre, afin de permettre la collecte de la TPS et de la TVQ sur chaque course effectuée par les «chauffeurs partenaires» d'Uber.
«Nous sommes à Québec pour y rester et s'impliquer», a affirmé le dirigeant, qui souhaite nouer des partenariats avec des entreprises et des organisations locales.
Alternative à l'auto solo
Pour M. Guillemette, les services d'Uber s'inscrivent parfaitement dans «le futur de la mobilité urbaine» et «le cocktail de transports» de la capitale afin d'offrir «une alternative forte à l'auto solo», comme le font les autobus du RTC, les taxis traditionnels et Communauto.
L'utilisation d'Uber, plaide le directeur général, permet en outre de soulager la congestion routière - une hausse de 22 % du nombre de voitures à Québec depuis une décennie - et le budget de plus en plus grand que les citoyens consacrent aux transports.
«Depuis deux ans, le poste de dépenses pour se déplacer a pris la seconde place [dans le budget des particuliers]. On paie maintenant plus pour le transport que pour la nourriture. C'est une aberration.»
En plus «d'optimiser le parc automobile» par l'utilisation de leur propre véhicule, les «chauffeurs partenaires» d'Uber offrent un service diligent à leurs clients, avance M. Guillemette, avec un temps d'attente moyen de sept minutes.
Pour sa rencontre avec les médias, dans ses nouveaux locaux, ouverts depuis cet été sur la rue Saint-Joseph, le dirigeant avait d'ailleurs convié deux d'entre eux, Maxime Gagnon et Valerio Visentin, en poste depuis deux ans, à venir témoigner brièvement de leur expérience.
«Pour l'instant, c'est super, ça me plaît beaucoup, a confié au Soleil M. Visentin. J'aime le contact avec les gens et les touristes, car je parle plusieurs langues.»
Cour suprême
Par ailleurs, M. Guillemette a indiqué vouloir «poursuivre la relation de confiance» avec Revenu Québec, dans la foulée du refus de la décision de la Cour suprême, jeudi, d'entendre la demande d'appel d'Uber. La compagnie de covoiturage contestait la légitimité des perquisitions effectuées par l'agence gouvernementale dans ses bureaux, en mai 2015.
«On reconnaît la décision de la cour et on va poursuivre notre collaboration avec Revenu Québec», a mentionné M. Guillemette, insistant sur l'importance de «la relation de confiance» développée avec l'agence.
Depuis l'instauration du projet pilote, Contrôle routier Québec a cessé la saisie des véhicules des chauffeurs Uber, a-t-il confirmé.
Dans un communiqué, le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) estime qu'«il est temps qu'Uber cesse d'étirer les procédures». Selon Abdallah Homsy, «il était évident» que la firme «allait perdre» devant le plus haut tribunal du Canada.
«Mais comme d'habitude, ils ont préféré abuser de leurs milliards de dollars pour demander aux avocats de prendre tous les moyens possibles et imaginables pour faire traîner les choses, le temps que la multinationale engrange le plus d'argent possible.
«Franchement, ce genre de stratégie représente bien le capitalisme sauvage dont Uber et ses représentants québécois se font le porte-étendard, a ajouté M. Homsy. La bonne foi, ils ne savent tout simplement pas ce que c'est.»