Les séances de la première partie de l’audience du BAPE se déroulent au Centre des congrès de Québec. Divers moyens technologiques de participation ont été proposés aux citoyens par le BAPE.
Les séances de la première partie de l’audience du BAPE se déroulent au Centre des congrès de Québec. Divers moyens technologiques de participation ont été proposés aux citoyens par le BAPE.

La COVID s’invite dans le projet de tramway

Est-il toujours pertinent d’implanter un tramway à Québec alors que le télétravail semble être devenu la norme en ces temps de pandémie?

La question sera abordée mardi à la seconde journée de la commission d’enquête du Bureau d’audience publique sur environnement (BAPE) débuté lundi concernant le projet de construction d’un tramway à Québec.

Le directeur du Bureau de projet du tramway, Daniel Genest, a confirmé cette information en répondant à une question d’un citoyen qui est d’ailleurs sur les lèvres de plusieurs personnes depuis le début de la pandémie.

«Il y a un éléphant dans la pièce qui nous a permis de découvrir une nouvelle façon de travailler, a lancé d’entrée de jeu, Luc Dallaire, résident de la 1re Avenue.  Aujourd’hui, les bureaux de la colline sont vides. Les transports en commun sont vides. Mais tout fonctionne. L’ancien modèle de prépandémie est soudainement devenu obsolète. Le télétravail est là pour rester», avance celui qui croit que d’autres options qu’un tramway peuvent faciliter la fluidité de la circulation et une meilleure mobilité des personnes comme les transports actifs et l’instauration d’horaires variables pour éviter des heures de pointe trop achalandées.

M. Genest a donné des bribes de réponses à la présentation qui sera faite ce mardi. Selon lui, l’aménagement d’un tramway est toujours pertinent. Il rappelle que la planification en transport est faite pour les 50 prochaines années.

«La COVID est un événement ponctuel. Peu d’analystes peuvent prévoir la suite des choses. Il faut éviter d’agir trop vite, avise-t-il. La certitude, c’est que la ville continue de croître. Il y aura 57 000 personnes de plus d’ici 2036. Et il y aura nécessairement plus de déplacements», ajoute le directeur. 

Beaucoup de questions

Les séances de la première partie de l’audience se déroulent au Centre des congrès de Québec. Divers moyens technologiques de participation ont été proposés aux citoyens par le BAPE. Toutes les séances seront retransmises en direct sur le site Web du BAPE et sur sa page Facebook. Il sera également possible de les suivre en direct à la télévision sur les ondes de MAtv Québec aux positions 9 et 609 pour les abonnés de Vidéotron.

Dans un questionnaire préconsultation, 1608 citoyens ont fait connaître leurs préoccupations face au projet. Les sept principales concernent le choix du tramway au regard d’autres options, les coûts du projet, la justification des besoins, l’incidence sur la circulation, le tracé, les impacts sur l’environnement et ceux sur la qualité de vie. Ces thèmes seront abordés au cours de la semaine par les membres de la commission d’enquête présidée par Corinne Gendron et des citoyens.

Cinq cent cinq-neuf personnes se sont inscrites au registre entre le 25 juin et le 2 juillet pour soumettre une question à la Commission. Parmi elles, 70 prendront la parole devant la commission. Chaque participant peut poser une seule question.

Des mémoires à venir

La seconde partie de l’audience publique débutera dans la semaine du 3 août 2020. La commission recueillera l’opinion et les suggestions du public. Elle entendra toute personne, organisme, groupe ou municipalité qui désire s’exprimer sur le projet sous forme d’un mémoire ou d’une présentation verbale. 

La date limite pour soumettre un mémoire est fixée à midi le 30 juillet 2020. Il faut au préalable remplir l’avis d’intention qui sera disponible sur le site internet du 6 au 23 juillet à 16h. Les modalités de participation relatives à cette deuxième partie de l’audience seront annoncées ultérieurement.

Fixé d’ici décembre

Le BAPE achèvera son rapport au plus tard le 20 novembre 2020, accompagné d’une recommandation au conseil des ministres, qui devra rendre une décision. Le ministre de l’Environnement, Benoît Charrette, a quinze jours suivant la date de dépôt du rapport pour le rendre public.