La MRC de la Côte-de-Gaspé lance une démarche afin d’avoir un pré-inventaire du patrimoine bâti de son territoire.
La MRC de la Côte-de-Gaspé lance une démarche afin d’avoir un pré-inventaire du patrimoine bâti de son territoire.

La Côte-de-Gaspé s’intéresse au potentiel économique de son patrimoine bâti

Alors que ses données les plus récentes datent de près de 25 ans, la MRC de la Côte-de-Gaspé réalisera un pré-inventaire du patrimoine bâti de son territoire au cours des prochaines semaines. Avec cette mise à jour de ses connaissances, la MRC souhaite sensibiliser la population et exploiter le potentiel économique de ces reliques du passé.

Quelques semaines après le dépôt d’un rapport accablant de la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) dénonçant un «manque de leadership» au ministère de la Culture dans le dossier du patrimoine, la MRC de la Côte-de-Gaspé lance une démarche afin d’avoir un pré-inventaire du patrimoine bâti de son territoire. L’agente de développement rural, culturel et communication à la MRC de La Côte-de-Gaspé, Julie Pineault, mentionne cependant que ces deux événements ne sont pas liés. «Notre démarche était bien entamée avant le dépôt du rapport, explique-t-elle. Cependant, ce dernier ne fait que confirmer la pertinence de notre projet.»

Ces nouvelles informations permettront à la MRC de sensibiliser les propriétaires des bâtiments patrimoniaux, mais aussi informer la population sur leur histoire et leur valeur.

«Tout le monde pense que quand c’est patrimonial, c’est cher. On oublie souvent l’histoire et la valeur historique, mais aussi touristique de ces bâtiments-là», explique Mme Pineault. «À moyen terme, on souhaiterait mettre en place un circuit avec nos bâtiments patrimoniaux. Il faut commencer à voir ces témoins de l’histoire comme du potentiel de développement, pas seulement comme des dépenses», ajoute-t-elle. Celle-ci rappelle d’ailleurs que si les municipalités sont souvent blâmées pour leur manque de planification quant à leurs bâtiments patrimoniaux, la majorité de ceux-ci appartiennent à des particuliers.

Des données datant de 25 ans

Au cours des prochains jours, des membres de la firme de consultants en patrimoine PatriArch circuleront sur les terrains de propriétaires privés pour effectuer des relevés extérieurs et prendre des photos des bâtiments. La firme fera par la suite une liste des bâtiments patrimoniaux et une liste de recommandations pour leur préservation. Les dernières données de la MRC ont été récoltées à la fin des années 90, alors que la Gaspésie s’était dotée d’un plan directeur du patrimoine. «Malheureusement, on s’attend à quelques pertes de bâtiments qui étaient intéressants il y a 25 ans, mais qui, faute d’entretien, ne le sont plus», explique Mme Pineault.

Un pré-inventaire ne contient que certaines données sur les bâtiments, comme leur style architectural et leur état, alors qu’un inventaire complet nécessite des inspections beaucoup plus poussées et plus dispendieuses, une démarche «pas nécessairement plus pertinente» pour la MRC, selon Mme Pineault.

Patrimoine Gaspésie sceptique

Si l’annonce de la mise à jour de l’inventaire du patrimoine bâti de la MRC est vu d’un bon œil par Patrimoine Gaspésie, son directeur général, Jean-Marie Fallu, exprime tout de même certaines réserves, notamment ce qui suivra la réfection des données. «On espère que ce ne sera pas qu’un inventaire, mais que ce sera suivi par une analyse pour prioriser les bâtiments qui sont le plus à risque», note-t-il.

Il espère que le travail qui sera réalisé au cours des prochaines semaines sera suivi de recommandations aux municipalités, mais surtout, de plans d’actions de la part de ces dernières. «Tout le monde est offusqué quand un bâtiment tombe ou est démoli, mais les villes n’ont pas de plans pour les sauver, et ne les mettent pas [les bâtiments] sur leur plan d’urbanisme. Alors dès qu’ils ont une demande pour démolir ou rénover un bâtiment patrimonial, comme c’est pas répertorié, il n’y a pas d’attention particulière et on dit tout de suite oui», dénonce l’historien.