Le CHSLD Herron de Dorval, en banlieue de Montréal
Le CHSLD Herron de Dorval, en banlieue de Montréal

La coroner en chef ordonne une enquête publique sur les décès en CHSLD

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
La coroner en chef du Québec a ordonné mercredi la tenue d’une vaste enquête publique sur certains décès survenus au cours de la pandémie de COVID-19 dans des CHSLD et autres résidences pour aînés.

Seront aussi visés des résidences privées pour aînés ainsi que d’autres milieux d’hébergement pour personnes vulnérables ou en perte d’autonomie, a précisé Me Pascale Descary dans un communiqué.

«Les coroners interviennent dans les cas de décès violents, obscurs ou qui pourraient être liés à de la négligence. Les décès survenus hors de ces balises, dont ceux qui découlent uniquement d’une infection au coronavirus, ne sont pas investigués par les coroners», est-il précisé.

Les décès survenus entre le 12 mars et le 1er mai 2020 sont visés.

La majorité des décès causés par la COVID-19 au Québec se sont produits dans des résidences pour personnes âgées. Des actions collectives intentées ont révélé des allégations de négligence de leurs résidants. La Protectrice du citoyen a aussi indiqué qu’elle allait enquêter.

Compte tenu de la complexité du sujet et du nombre important de décès, deux coroners ont été assignés à cette enquête.

C’est la coroner et avocate Géhane Kamel qui va la présider, et Dr Jacques Ramsay, un coroner avec une formation médicale, va l’assister.

Me Kamel est déjà chargée d’investiguer les décès survenus au CHSLD Herron de Dorval; cette étape servira donc de base à l’enquête publique.

Par la suite, Me Kamel et son équipe sélectionneront des décès dans plusieurs types de résidences et dans plusieurs régions afin de dresser un portrait représentatif de la situation à l’échelle provinciale.

Le calendrier des audiences sera diffusé ultérieurement.

En mêlée de presse, mercredi, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a assuré que la coroner en chef allait avoir «l'entière collaboration» de son gouvernement «pour que toute la lumière soit faite». 

«On ne veut pas revivre ce que nous avons vécu. [...] Le Québec a une loi pour contrer la maltraitance envers nos personnes vulnérables dans nos milieux de vie et la négligence fait partie de tout ce qui touche à la maltraitance», a déclaré la ministre Blais, ajoutant qu'elle était prête, au besoin, à «rouvrir la loi pour la rendre plus forte». Avec Olivier Bossé, Le Soleil