Pour Christian Hébert, maître-cidriculteur de 39 ans de Deschambault, Pangea menace la relève agricole, qui veut reproduire le modèle des fermes à échelle humaine.

La CAQ menace les fermes familiales, croit le candidat du PQ dans Portneuf

Le candidat du Parti québécois (PQ) dans Portneuf, Christian Hébert, soupçonne la Coalition avenir Québec (CAQ) de vouloir s’attaquer au modèle des fermes familiales, car sa plus récente recrue Christian Dubé a financé «le plus grand accapareur de terres au Québec».

Celui que M. Hébert appelle un «accapareur de terres» est Charles Sirois, qui a cofondé la CAQ en 2011, et qui a aussi cofondé Pangea en 2012. Cette société achète des terres agricoles et s’associe à des producteurs pour les développer.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce le modèle d’affaires de Pangea, tout comme M. Hébert, qui est agriculteur. «Le modèle n’est pas sain. Il est uniquement basé sur l’augmentation spéculative de la valeur du fond de terre.» Les jeunes agriculteurs à qui Pangea s’associe sont utilisés «à la fois comme prête-nom et comme ouvriers sur la ferme», dénonce le candidat péquiste.

L’an dernier, la Caisse de dépôt et placement du Québec a accepté de devenir un partenaire financier de Pangea. Christian Dubé était le vice-président de la Caisse avant de décider de revenir en politique comme candidat caquiste il y a quelques jours.

La Fédération de la relève agricole du Québec, dont M. Hébert fait partie, avait rencontré M. Dubé l’an dernier pour obtenir des explications. «Il a dit qu’il n’y a rien de politique là-dedans, que le dossier était bien monté. Et là, on le voit sortir et devenir candidat de la CAQ», s’insurge M. Hébert. Selon lui, la décision était bel et bien politique et n’a pas été prise pour «le bien commun» des Québécois.

Le modèle de Pangea a été étudié par le ministère de l’Agriculture. En avril dernier, le gouvernement Couillard se disait préoccupé par la place prépondérante que les fonds d’investissement occupent dans cette société, qu’il souhaitait garder à l’œil.

Pour M. Hébert, maître-cidriculteur de 39 ans de Deschambault, Pangea menace la relève agricole, qui veut reproduire le modèle des fermes à échelle humaine. Seulement dans la région de la Capitale-Nationale, 1000 jeunes de moins de 40 ans cultivent la terre, principalement installés dans Portneuf, sur l’île d’Orléans, la Côte-de-Beaupré ou dans Charlevoix.

Vendredi dernier, les sorties de la CAQ et du Parti libéral du Québec (PLQ) pour la gestion de l’offre n’ont pas ému M. Hébert, qui y a vu de «l’opportunisme politique». Les libéraux ont «mandaté Pierre Paradis pour travailler justement contre les producteurs et briser la gestion de l’offre», critique M. Hébert, alors que la CAQ «serait capable de faire encore plus que les libéraux».

Troisième dans les projections de vote dans Portneuf, M. Hébert dit avoir «déjà gagné sa campagne électorale», en forçant ses adversaires à parler d’agriculture. M. Hébert affronte l’homme d’affaires Vincent Caron (CAQ), le conseiller municipal Philippe Gasse (PLQ), et l’enseignante de théâtre à la retraite Odile Pelletier (Québec solidaire).