Politique

Troisième lien comparé à une «ligne de coke»: GND défend Catherine Dorion

Le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est porté à la défense de sa collègue de Taschereau, Catherine Dorion, qui a comparé le troisième lien à une «ligne de coke».

Par Twitter, M. Nadeau-Dubois a réitéré la position de son parti, selon laquelle «le 3e lien n’est pas la solution au trafic à Québec». Il a toutefois convenu que la «métaphore» de Catherine Dorion est «un peu osée» avant, cependant, de faire contre mauvaise fortune bon coeur... «Tant mieux! Les gens sont tannés de la langue de bois», a-t-il ajouté.

La sortie de la députée de Taschereau ne relève pas d’une stratégie concertée. Elle en a surpris quelques-uns chez Québec solidaire.

Dans une vidéo qu’elle a publiée sur sa page Facebook, Catherine Dorion affirme que «dans le fond, une nouvelle autoroute, c’est un peu comme une ligne de coke : le monde se dit, je vais prendre ça, je vais être moins soûl; je vais avoir de l’énergie. Mais une heure après, qu’est-ce qui arrive ? Il lui faut une autre ligne de coke».

Un troisième lien encouragerait la dépendance à l’automobile, explique Mme Dorion.

Elle pourfend la contradiction qu’il y aurait à créer du côté de la capitale un réseau de transport structurant, qu’elle appelle de ses vœux et appuie, en même temps que de mettre «au moins 4 milliards$» dans un troisième lien avec Lévis pour «que le monde prenne leur auto» et «s’établisse super loin du centre-ville». Au total, il s’agirait d’un «projet économique débile», soutient-elle.

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Justice et faits divers

Règlement à l’amiable sur la légionellose: les victimes entre impatience et apaisement

Beaucoup de questions, un peu d’indignation, des bouffées d’impatience puis une forme d’apaisement. Les survivants de la légionellose ont écouté avec émotion les détails du règlement à l’amiable qui leur donnera environ 4,6 millions $.

Une cinquantaine de personnes qui sont tombées malades à l’été 2012 ou qui ont perdu des proches lors de l’épidémie s’étaient rassemblées dans la plus grande salle du palais de justice. En majorité, ces gens habitent la basse-ville de Québec.

À trois semaines du procès, après plus de trois ans de procédures, les avocats des victimes se sont entendus avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), propriétaire du Complexe Place Jacques-Cartier et de la tour de refroidissement contaminée, ses deux sous-­traitants Trane et State Chemicals et les autorités de santé publiques (CIUSSS de la Capitale-Nationale, le directeur de la santé publique Dr François Desbiens et le ministre de la Santé).

Les parties défenderesses acceptent de verser 7,5 millions $ dans un compte en fiducie pour les 200 victimes. La répartition de la facture entre les parties défenderesses restera confidentielle et la transaction est faite sans admission de responsabilité.

L’avocate de la CSQ, Me Dominique E. Gagné, a profité de l’occasion pour plaider que la tour de refroidissement de Place Jacques-Cartier n’était pas la seule source de contamination lors de l’épidémie qui a fait 14 morts. «Dans la preuve qui aurait été amenée au procès, il y a seulement 22 personnes que l’on peut lier directement à la bactérie présente dans la tour de la CSQ, a affirmé Me Dominique Gagné. Pour les autres, il faut y aller par présomption. La tour n’était pas la seule source de contamination.»

En s’appuyant sur les rapports d’experts, la santé publique conteste cette affirmation.

Rappelons que selon les experts mandatés par les victimes, la CSQ avait attendu 16 jours pour désinfecter sa tour de refroidissement après en avoir reçu l’ordre.

Plus de dommages, plus d’argent

Le principe général de l’indemnisation des victimes est simple, a fait valoir Me Jean-Pierre Ménard; plus les gens ont subi des dommages, plus ils sont indemnisés.

La requérante Solange Allen, qui a perdu son mari Claude Desjardins, touchera environ 140 000 $.

Les avocats se sont basés sur les montants attribués par les tribunaux au fil du temps pour bâtir le projet de règlement.

«Ça évolue tranquillement, mais ce n’est pas ce que le monde attend généralement, convient Me Ménard. Ça n’a pas de prix, perdre son mari.»

Jean Légaré, 64 ans, a passé six mois à l’hôpital après avoir été infecté par la bactérie Legionella, dont plusieurs jours dans le coma. À plusieurs reprises, les médecins ont proposé à son épouse Diane Racine de le débrancher.

M. Légaré a perdu l’usage d’une oreille, a eu des problèmes rénaux et fait des plaies de lit. «Ça m’a mis à terre au complet», commente-t-il.

Aujourd’hui, il ne peut plus aller à la chasse parce que ses jambes sont trop chancelantes. «Ma femme doit m’aider à mettre mes bas, à laver mes cheveux», explique M. Légaré.

Il ne sait pas encore combien d’argent le règlement lui donnera; comme les autres, il devra être vu par un médecin qui évaluera son pourcentage d’incapacité permanente. Ces dépenses d’expertises sont prévues dans un fonds du règlement.

Nadia et Éric Champagne, qui ont perdu leur père, en ont contre les délais prévus — huit mois — avant que les chèques ne soient émis. «Mettez vos culottes, pis payez! lance la jeune femme, émue. Oui, ça ne redonnera pas mon père, mais on va enfin pouvoir tourner la page.»

La Capitale

Le maire Émile Loranger de plus en plus isolé

Le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, était de retour au conseil municipal, lundi soir. Libéré d’une plainte de harcèlement psychologique, il retrouve son siège, mais en étant isolé, quatre des ex-conseillers de son équipe ayant claqué la porte.

L’ambiance était lourde pendant la séance extraordinaire. Les conseillers ont déposé une motion qui sera discutée en décembre pour rétrograder le maire et lui verser un salaire de simple conseiller pendant la période de la plainte d’avril à octobre. Sylvie Falardeau occupait le poste de mairesse pendant ce temps et les élus voudraient lui verser le salaire du M. Loranger.

La Capitale

Jean Rousseau veut forcer l’enfouissement des fils

Le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, réclame que la mairie se dote des outils légaux à sa portée pour lancer un grand projet d’enfouissement des fils d’électricité et de télécommunication dans les quartiers centraux de la capitale.

La Charte de la Ville de Québec autorise déjà la municipalité à créer une commission des services électriques, souligne l’élu. Celle-ci aurait le pouvoir d’ordonner aux entreprises utilisant les poteaux pour suspendre leurs fils à les redéployer sous terre, dans des conduites municipales ou privées.

«Actuellement, on ne peut pas forcer. C’est au bon vouloir», note M. Rousseau. À Montréal, par contre, un tel organisme a été mis sur pied en 1910 et a coordonné l’enfouissement de quelque 770 kilomètres de fils.

Des efforts ont été investis dans le Vieux-Québec par les administrations municipales qui se sont succédé à la mairie, poursuit Jean Rousseau. «On ne peut pas imaginer le Vieux-Québec avec des poteaux et des fils partout.»

Il serait maintenant temps de s’attaquer au quartier Saint-Jean-Baptiste, mais aussi au secteur du Cap-Blanc, à Limoilou, à Saint-Sauveur, selon lui. Une façon d’embellir, de libérer les trottoirs encombrés, de protéger le réseau des intempéries.

Faire payer les compagnies

M. Rousseau se dit conscient que la facture promet d’être salée. Mais il assure que plusieurs programmes de subventions pourraient aider. Et ajoute que la Charte de la Ville permet de facturer un loyer aux compagnies qui utiliseront les conduites souterraines pour passer les câbles.

Il se dit aussi conscient que tous les fils ne disparaîtront pas du jour au lendemain : «On comprend que ça ne se fera pas le lendemain matin. […] Les rues on ne les ouvre pas pour le plaisir.» La création d’une commission des services électriques donnerait cependant l’impulsion au projet d’enfouissement et offrirait une vision d’ensemble des travaux à réaliser.

Le conseiller municipal indépendant Yvon Bussières appuie la démarche de l’élu de Démocratie Québec. Les deux ont déposé un avis de motion au conseil municipal du 5 novembre dans l’espoir de mettre leur projet à l’ordre du jour d’une prochaine rencontre des conseillers municipaux. Ils entendent en débattre avec l’équipe du maire Régis Labeaume lundi prochain.