Selon Konrad Sioui, le chef de la nation huronne-wendat, le nouveau territoire huron a pris de la valeur depuis le référendum de 2010, passant de 11 millions $ à 15,1 millions $.

Wendake prend de l'expansion

La nation huronne-wendat célèbre son expansion. Après plusieurs années de négociations, de tracasseries administratives, de transactions immobilières, Wendake vient de gagner quelques kilomètres carrés à l'est du boulevard de la Colline, vers Saint-Émile.
Depuis le 3 juillet, c'est officiel. Les lots d'une valeur de plus de 15 millions $ ont changé de statut, passant sous le «contrôle» de la Couronne canadienne, explique au Soleil le grand chef Konrad Sioui. «C'est ce qu'on célèbre aujourd'hui. Ça devient des terres de la Reine, des terres de la nation huronne-wendat.» 
Voilà de nombreuses années que les Hurons se sentaient à l'étroit. Ils avaient donc acheté plusieurs terrains privés hors de leur réserve. Ceux-ci étant situés dans la capitale québécoise, il fallait les transférer légalement au gouvernement fédéral pour qu'on puisse y apposer le sceau des terres amérindiennes avant que la nation puisse prétendre aux mêmes avantages sur ces sept lots que dans le reste de la réserve.
«C'est pas mal grand, ce sont de grosses portions de terre», se réjouit le chef Sioui. «Ça n'a pas de prix. C'est notre développement pour les prochaines 40 à 50 années. Il fallait vraiment agrandir Wendake. Il restait juste les terres du côté est.»
Un parcours difficile
La transaction immobilière qui vient d'être confirmée marque cependant la fin d'un parcours parsemé d'embûches, fait remarquer Konrad Sioui. «C'est un long processus. Ça a pris du temps. Beaucoup plus que j'aurais pensé.»
Il faut remonter dans le temps, jusqu'en 1999, pour bien comprendre la nouvelle du jour. En fait, il vaut mieux reculer d'un siècle pour vraiment avoir un portrait complet! «Il y a 100 ans, il a eu la vente illégale de deux réserves indiennes qui appartenaient aux Hurons.» Une d'entre elles, la réserve des 40 arpents, s'étendait dans le territoire du secteur Val-Bélair, expose le chef.
Puis, en 1999, la nation huronne-wendat a accepté, par référendum, une compensation de 12 millions $ pour cette perte. Une fois les experts et les avocats payés, il restait 11,7 millions $ qui ont été déposés en fiducie à Ottawa.
Les années se sont écoulées, Wendake a pris de l'expansion dans ses anciennes frontières. Élu en 2008, le grand chef Konrad Sioui a poursuivi la croissance. Et il a demandé aux membres de la nation d'accepter le rapatriement des millions de dollars pour acheter des terres. 
Référendum favorable
En 2010, le référendum a été favorable. Le bras commercial de Wendake, la Société de Développement Wendat, a donc entrepris l'acquisition des lots privés disponibles de l'autre côté du boulevard de la Colline. 
C'est ici que le dossier s'est compliqué, raconte M. Sioui. Les terres provinciales devaient devenir des terres fédérales. Avant, il a fallu s'entendre avec Québec sur le versement d'un dédommagement pour les taxes foncières qui seront perdues. Il a aussi fallu valider les cadastres, vérifier la légalité de toutes les anciennes transactions sur les lots, s'assurer que les parcelles sont toutes exemptes de contamination... Voilà, c'est maintenant fini, se félicite-t-il. 
Un long délai qui aura permis au nouveau territoire huron de prendre de la valeur, passant d'environ 11 millions $ à quelque 15,1 millions $. Une hausse observée pour tous les terrains de la capitale, dit le chef. 
Le premier lot qui sera mis en chantier sera zoné commercial et industriel, ajoute Konrad Sioui. Les jeunes de Wendake manqueraient d'espace pour installer leurs entreprises. Ensuite, des terrains résidentiels seront offerts.