Le bruit des moteurs est un enjeu pour les cochers, particulièrement au début de la belle saison alors que les motos et de voitures modifiées se font voir dans le Vieux-Québec.

Vrombissements de moteurs «dangereux» pour les chevaux

Tous les printemps, les cochers du Vieux-Québec se réjouissent du retour de la chaleur et des touristes. Mais en contrepartie, ils doivent subir les bruyants assauts de propriétaires de voitures modifiées et de motos pétaradantes qui effraient les chevaux en faisant gronder leur moteur. La police de Québec reconnaît le problème et promet de surveiller les matamores de près.

Vincent Boissonneault conduit des calèches depuis 11 ans dans le quartier historique de Québec. Il a l’impression que les incidents de «manque de respect envers les animaux» sont plus nombreux qu’avant. Des conducteurs de gros bolides «trouvent ça flash de voir les chevaux lever» et ne se gênent donc pas pour faire un maximum de bruit en passant près des points de rassemblement des bêtes ou même en les dépassant sur la route.

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«C’est dangereux et irresponsable», dénonce le cocher. «On est un peu démunis. On doit protéger les chevaux et les gens autour», dit-il. 

Quand ils sont en groupe, nombreux à constater un comportement dangereux, les cochers se permettent d’interpeller les contrevenants. «On leur explique que ça fait peur aux chevaux, mais souvent ils ne veulent pas comprendre» ou ils font semblant que ce n’est pas leur faute si l’auto ou la moto fait du bruit, dit Dominic Langlois, qui a huit ans d’expérience dans les calèches. 

Parfois, la police est appelée pour régler le litige, mais avant que les patrouilleurs arrivent, le contrevenant a le temps de prendre la poudre d’escampette. 

Appliquer le règlement

Danny Doyle, propriétaire des Calèches du Vieux-Québec, confirme que le bruit est un enjeu, particulièrement au début de la belle saison. «Malheureusement, ça fait partie de la game», se résigne-t-il. 

Le vétéran mise sur une bonne sélection de chevaux et sur la formation de ses cochers pour éviter que les mauvaises surprises ne dégénèrent en accidents. Quand les motos sont sorties, il se tient loin aussi de la côte d’Abraham pour retourner à l’écurie en fin de journée et privilégie plutôt la côte du Palais, beaucoup plus tranquille. 

Dominic Langlois, lui, voudrait que la police fasse appliquer le règlement interdisant le Vieux-Québec aux motos et oblige les autobus à éteindre leur moteur quand ils attendent des clients. «Il y a des règlements qui ne sont pas appliqués», déplore-t-il. 

La police de Québec confirme avoir eu vent de la problématique des bruits de moteurs. «Ce sont des types d’infraction qu’on voit avec l’arrivée du beau temps», dit Cindy Paré, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec. Celle-ci ne saurait dire si les fautifs veulent seulement se faire remarquer ou vraiment effrayer les chevaux, mais elle convient que c’est un effet indésirable. 

Mme Paré indique que des effectifs sont affectés à la surveillance dans le Vieux-Québec et vont sévir au besoin. Le Code de la sécurité routière et la réglementation municipale contiennent des articles pour contrer les bruits perturbateurs.