Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry, a demandé lundi à Régis Labeaume de «se réapproprier le dossier du port de Québec», quelques jours après les révélations sur un nouvel épisode de poussière rouge.

Vitalité de Saint-Louis-Sillery: Labeaume, un «primate manipulateur», dit Shoiry

Paul Shoiry invite Régis Labeaume à prendre acte des plaintes de la Société de développement commerciale (SDC) Maguire, inquiète pour la vitalité du quartier, et à trouver des solutions plutôt que d'adopter une attitude «de chialeur», voire de «primate manipulateur».
Chef de l'opposition pour Démocratie Québec, conseiller du district Saint-Louis-Sillery et ancien maire de Sillery avant les fusions de 2001, Paul Shoiry n'a pas apprécié la sortie du maire de Québec rapportée dimanche dans Le Soleil.
À l'instar de la SDC Maguire il y a une semaine, Régis Labeaume a dit samedi que les groupes d'opposition citoyenne aux projets de développement, plus particulièrement ceux visant les terres conventuelles, freinent le renouvellement socioéconomique et démographique de Sillery.
Régis Labeaume a notamment affirmé «qu'il y en a pour qui c'est un projet de retraite de s'opposer à toute. [...] Ils [les gens d'affaires] ont tout à fait raison de s'inquiéter de leur vie de quartier.» Il assimilait au passage Paul Shoiry et le conseil de quartier de Sillery aux opposants «à toute» et les a qualifiés de «partisans».
Piqué au vif, Paul Shoiry a voulu rappeler au maire qu'il a été élu, comme lui, pour «écouter et respecter» la volonté des citoyens. M. Labeaume devrait plutôt «rendre compte de l'échec et de l'incompétence de son administration dans le soutien aux artères commerciales locales», a-t-il suggéré en entrevue téléphonique, dimanche. «Au lieu de prendre acte des difficultés dont se plaint la SDC, il se comporte en chialeur.»
M. Shoiry, qui affirmait la semaine dernière sur les ondes de Radio-Canada que le ton était plus «harmonieux» à l'hôtel de ville depuis son entrée comme chef de l'opposition il y a 100 jours, n'a pas mâché ses mots à l'endroit du maire.
Selon lui, en «détournant l'attention sur d'autres personnes» pour expliquer le ralentissement allégué de Sillery, comme les gens du conseil de quartier ou certains citoyens à la retraite, le maire fait preuve de démagogie et d'âgisme.
«C'est un comportement que je qualifierais de primate manipulateur», a-t-il pesté, avant d'inviter M. Labeaume à agir à la hauteur de ses fonctions. «Ce n'est pas ça qu'on attend du maire de la ville, qui doit plutôt prendre le leadership positif et trouver des solutions.»
Tant la SDC Maguire que le maire Labeaume se disent inquiets du vieillissement de la population de Sillery et ont insisté à l'effet qu'il fallait attirer de jeunes familles.
Selon M. Shoiry, le maire «mêle tout» et induit la population en erreur en ne faisant pas les nuances nécessaires. Selon lui, le vieillissement de la population ne frappe pas de plein fouet l'ensemble du quartier, mais surtout la portion sud où se trouve l'arrondissement historique. «S'il veut attirer de nouvelles familles, ce n'est pas avec des tours à condos à 1 million $.»
Fermeture du Couche-Tard
Le Soleil rapportait par ailleurs samedi la fermeture du Couche-Tard de la rue Maguire. Le dépanneur a officiellement fermé ses portes dimanche soir; un autre signe inquiétant, selon la SDC Maguire, d'un déclin du quartier. Une inquiétude partagée par Régis Labeaume.
Pour Paul Shoiry, cette fermeture n'a rien d'anormal ou d'alarmant dans un écosystème local, d'autant plus que le bâtiment serait sur le point d'être loué par un nouveau commerçant.
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Les parcomètres, un «coup d'épée au coeur»
Paul Shoiry trouve plutôt «incohérents» les propos du maire concernant le développement économique du quartier Sillery.
D'un côté, le maire appuie les commerçants en affirmant qu'il y a trop d'opposition aux projets de développement, de l'autre, il impose à ces mêmes commerçants des parcomètres sur les deux artères commerciales : l'avenue Myrand et la rue Maguire.
La SDC Maguire et l'administration municipale doivent se rencontrer cette semaine au sujet des bornes, dont l'arrivée est imminente. La SDC Maguire doit demander un délai avant leur implantation.
Paul Shoiry propose de mettre en place un comité pour étudier la situation du stationnement avant d'imposer des parcomètres, qui représentent un «coup d'épée au coeur», selon lui. Les gens d'affaires sont aussi d'avis qu'il faut une consultation avant d'aller de l'avant.