La rectrice a parlé d’un «réveil rapide, déstabilisant, mais salutaire» en parlant à la fois du dossier des agressions sexuelles rapportées dans certaines résidences de l’Université Laval l’an dernier.

Violences sexuelles : la rectrice de l'UL demeure réaliste

Même si les mentalités ont changé, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, demeure réaliste devant la problématique de la violence sexuelle. Il faudra du temps avant de venir à bout de cette problématique, a-t-elle affirmé lors de la conférence de lancement de la troisième campagne «Sans oui c’est non!».

«Est-ce que l’an prochain, on aura complètement réussi à retirer ce fléau de notre vie? Non. Ça prend du temps», a-t-elle affirmé, démontrant à nouveau l’importance de cette campagne centrée sur le consentement née en 2014 à l’Université de Montréal et qui a depuis essaimé dans une cinquantaine de collèges et d’universités du Québec.

La rectrice a parlé d’un «réveil rapide, déstabilisant, mais salutaire» en parlant à la fois du dossier des agressions sexuelles rapportées dans certaines résidences de l’Université Laval l’an dernier, mais aussi des mouvements comme #MoiAussi qui ont secoué la planète depuis quelques mois.

Mme D’Amours a répété que l’université, avec ses 43 000 étudiants et 10 000 employés, n’était pas épargnée par cette problématique, mais a insisté sur le fait que l’administration ne demeurait pas impassible devant la situation.

Présentée à l’occasion de la campagne «Sans oui, c’est non!», l’exposition What were you wearing ?/ Que portais-tu ? vise à faire comprendre que les choix vestimentaires ne peuvent justifier un acte de violence sexuelle.

Loi 151

«Nous allons réviser toutes nos politiques et répondre à toutes les exigences de la loi 151. J’espère qu’on va devenir une référence positive en  la matière», a-t-elle poursuivi, invitant du même coup tous les gestionnaires d’établissements publics, de grandes entreprises et du gouvernement à mettre les chiffres sur la table et à agir.

Elle a ajouté qu’elle était encouragée de voir les étudiants aux côtés des étudiantes dans la campagne «Sans oui, c’est non!». «Et maintenant, les jeunes comprennent que, par exemple, avant d’embrasser quelqu’un, il faut lui demander si on peut l’embrasser. Ce n’est pas vrai que ça tue le romantisme. Les jeunes savent comment le faire de façon romantique.»

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, avait pour sa part revêtu un chandail orné du mot «Oui» qui se transforme en «Non» lorsqu’on y retourne les paillettes formant le mot en les effleurant avec ses mains.

«C’est nécessaire plus que jamais», a-t-elle affirmé en parlant de la campagne, félicitant du même coup l’Université Laval de s’être engagée à appliquer la loi 151, qui doit être en force dans tous les établissements du Québec au plus tard à l’automne 2019.

Optimisme

Milène Lokrou, présidente du conseil d’administration de «Sans oui, c’est non!», voyait elle aussi l’avenir d’un oeil optimiste malgré la hausse du nombre de dénonciations pour des actes de nature sexuelle à l’Université Laval.

«Quand il y avait moins de plaintes, c’était parce que le climat n’encourageait pas les victimes à porter plainte. Maintenant, ces victimes se sentent plus à l’aise de parler, de dénoncer et ça, c’est positif», a-t-elle déclaré au Soleil.

«On constate aussi que les mentalités ont changé. Quand la campagne a été lancée à l’Université Laval, plusieurs ne savaient même pas ce qu’était le consentement alors qu’aujourd’hui, c’est un concept qui est beaucoup mieux compris.»

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