C'est le début d'une ère nouvelle à la mairie de Shannon.

Vingt ans plus tard, un nouveau maire à Shannon

Pour la première fois en plus de 40 ans, le nom de l’ex-maire Clive Kiley n’apparaît plus au conseil municipal de Shannon. L’élection de l’ancien conseiller Mike-James Noonan à la mairie le 5 novembre et la razzia de son parti Démocratie Shannon à tous les postes au conseil signifient le début d’une ère nouvelle dans cette municipalité en pleine mutation.

C’est donc avec un nouveau capitaine et un nouvel équipage que Shannon, qui a vu sa population passer de 5086 à 6031 résidents en cinq ans, entreprend une nouvelle étape de son développement. 

Natif de Saint-Patrice-de-Beaurivage, dans Lotbinière, et père de deux enfants de cinq et un an, Mike-James Noonan représente bien cette vague de croissance qui déferle sur Shannon depuis quelques années. Professeur au Séminaire Saint-François de Cap-Rouge, il siégeait au conseil municipal de Shannon depuis 2013.

«J’ai travaillé avec Clive Kiley, qui a été maire pendant près de 20 ans, et quand j’ai décidé de me lancer à la mairie, je voulais proposer une façon plus moderne de travailler. Je voyais notre transition de village à ville et j’estimais que ça prenait une certaine structure, un programme qui aille au-delà d’un mandat de quatre ans et c’est pour cela que j’ai créé un parti politique», explique-t-il à propos de Démocratie Shannon.

Mike-James Noonan est le nouveau maire de Shannon.

La population souhaitait du changement puisque tous les candidats conseillers de Démocratie Shannon ont été élus avec plus de 58 % des voix alors que le nouveau maire est sorti gagnant d’une lutte à trois avec 46 % des votes. 

La plus jeune

«Vous savez, Shannon est la ville la plus jeune au Québec selon l’Institut de la statistique avec une moyenne d’âge de 30,8 ans. Donc, on peut dire que je suis vieux par rapport à la moyenne de ma population», s’amuse le nouveau maire, qui est âgé de 38 ans.

Il l’avoue d’entrée de jeu, l’un des principaux défis de Shannon sera de gérer cette croissance de la population. «Il ne faut pas céder trop vite à la densification. Nous, on croit que si on prenait cette direction, ça nuirait beaucoup au cachet de Shannon», déclare le maire.

Celui-ci rappelle que les plus petits terrains sur lesquels on peut bâtir une résidence à Shannon font 21 000 pieds carrés. «À Val-Bélair, ce sont quatre ou cinq résidences qui seraient construites sur la même superficie», souligne-t-il, ajoutant que cette situation explique en partie l’attrait des jeunes familles pour sa ville.

Les taxes foncières, qui seraient les plus basses parmi les villes québécoises de plus de 5000 habitants, joueraient également un rôle dans cette ruée des jeunes familles vers Shannon. «Il faudra faire des prévisions budgétaires à long terme pour maintenir ce taux de taxation bas», indique le maire, conscient des défis qui guettent les villes en croissance.

Contrairement à d’autres municipalités qui ont grandi trop vite, M. Noonan trouve également important de conserver la verdure et l’ambiance nature de Shannon. «Sur les 350 demeures installées en flanc de montagne, on peut en voir une dizaine à la fois parce qu’il y a beaucoup d’arbres dans le secteur», poursuit-il.

Le maire souhaite aussi sortir Shannon de son isolement. «Il y a deux kilomètres qui nous coupent de Québec. Comme plusieurs familles comptent des adolescents qui iront bientôt au cégep, il serait intéressant de développer un service de navettes ou de transport communautaire pour se rendre au moins à la première station du Réseau de transport de la capitale (RTC)», conclut-il.