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L'hôtel de ville de Québec
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Ville de Québec: un excédent record, malgré la pandémie [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Malgré des pertes de revenus de 46,6 millions $ et des coûts additionnels de 14,5 millions $ liés à la pandémie, la Ville de Québec termine l’année 2020 avec un excédent jamais vu de 121,9 millions $.

Au chapitre des pertes, il manque 18,3 millions $, notamment avec la diminution des revenus de stationnements; les revenus d’ExpoCité découlant de l’annulation d’événements; et la perte de revenus d’activités de loisirs et de culture. Une autre perte de 12,8 millions $ est attribuable à la diminution des revenus de l’Office du tourisme de Québec provenant de la taxe sur l’hébergement.

La crise sanitaire a aussi coûté plus cher à l’administration municipale. Des 14,5 millions $ de dépenses supplémentaires, il y en a 4,2 millions $ en achat d’équipement de protection, comme les masques, et en signalisation des mesures.

Une autre somme de 5,2 millions $ a servi pour adapter le programme de camps de jour de la Ville aux normes de la santé publique et pour l’entretien des équipements de loisirs et à leur surveillance.

Comment expliquer alors l’excédent de 121 millions$? 

Le premier volet de la réponse se trouve dans l’aide gouvernementale accordée à la Ville de Québec comme aux autres villes pour traverser la tempête pandémique. L’an passé, le gouvernement Legault a octroyé 55,7 millions $ à Québec pour éponger les pertes et les dépenses supplémentaires. La Ville a aussi pigé 6 millions $ dans son fonds de prévoyance, qui s’élevait à 20 millions $ avant la ponction. 

Le directeur général de la Ville, Luc Monty, a félicité la gestion prudente de son équipe lors de présentation des résultats à la presse. «Autant on soutenait la population pour traverser la crise, autant on nous disait de limiter nos dépenses pour les services qu’on ne pouvait plus rendre à cause de la pandémie», explique-t-il, illustrant son propos avec les mises à pied temporaires effectuées dès les premières semaines de la crise. Cette gestion a permis l’économie de 40 millions $.

Effervescence immobilière

Le second volet repose sur l’effervescence immobilière de la région malgré la pandémie. Québec enregistre en 2020 une hausse de 28 % du nombre de maisons vendues. La situation se répercute positivement sur les finances de la Ville. Les droits additionnels de mutation immobilière (taxe de bienvenue) non budgétés sont de 8,9 millions $. Cela porte le montant global à 52,6 millions $. La Ville s’appuie aussi sur des revenus supplémentaires de 19,2 millions $ en taxes municipales.  

«L’activité immobilière nous a surpris», admet le maire de Québec. Cependant, Régis Labeaume souligne que l’augmentation des revenus est de moins de 1 % alors que les dépenses ont diminué de 4 %. Selon lui, l’excédent s’explique donc davantage par la prudente gestion de la pandémie que par la hausse des revenus.

«On est satisfait de notre année financière très exigeante en temps de pandémie. Ç’a été éprouvant», renchérit M. Monty.

L’excédent de 121,9 millions $ servira à renflouer le fonds de prévoyance en y réinjectant 6 millions $. La somme restante sera sous clé en prévision des déficits budgétaires anticipés de 42,5 millions $ en 2021, 39,1 millions $ en 2022 et 32,3 millions en 2023. L’administration Labeaume croit que la reprise économique n’aura pas encore d’ici là atteint sa vitesse de croisière.

«Ce n’est pas le moment de faire des dépenses», lance celui qui mise toujours sur une reprise rapide de l’économie. Certes, l’implantation du tramway aura des effets bénéfiques sur l’économie, mais pas avant 2023, soutient le maire.

Enfin, ce dernier attend le dépôt à l’automne du nouveau rôle d’évaluation qui pourrait afficher une perte de valeur pour certains types de commerces éprouvés par la pandémie. 

Québec21 pense aux commerçants

«Lorsque j’ai pris connaissance du surplus, j’ai eu une pensée pour les commerçants», a lancé le chef de Québec21, Jean-François Gosselin, lors d’un impromptu de presse. 

Selon lui, l’imposant excédent ne respecte pas «l’équilibre» entre dépenses et revenus. Il aurait aimé que l’administration Labeaume en fasse davantage pour s’ajuster et aider les commerçants qui en arrachent. «Lorsque le maire dit qu’il aide les commerçants, il joue au facteur. Il prend l’argent du provincial et la remet aux commerçants», lance-t-il, en dérision.

Le chef de l’opposition officielle s’engage déjà à geler les taxes pendant les deux premières années d’un mandat sous son règne. À cela, il ajoute quelques surprises qu’il dévoilera lors de la campagne électorale de l’automne.