Une femme tient une affiche contre le racisme, mercredi, lors d'une vigile contre la haine devant le consulat des États-Unis à Québec.

Vigile pour dire non à la haine

Après le décès d'une manifestante antiraciste à Charlottesville, en Virginie, une soixantaine de personnes se sont réunies devant le consulat des États-Unis à Québec en fin d'après-midi mercredi à l'occasion d'une vigile qui se voulait opposée à la haine, tant au sud qu'au nord de la frontière.
«Depuis les événements de Charlottesville, il y a eu des vigiles partout au Canada et je croyais qu'il était important qu'on fasse quelque chose à Québec devant le consulat pour montrer qu'on dit non au discours haineux», a déclaré l'organisatrice de la manifestation, Nora Loreto, écrivaine qui a signé le livre «From Demonized to Organized: Building the New Union Movement».
Mme Loreto a indiqué avoir été bien accueillie par les gens du consulat américain à qui elle avait parlé de son projet. «Nous avons dit aux gens de la sécurité que nous n'avions pas l'intention d'entrer et ils nous ont félicités de faire un événement comme ça», poursuit-elle. En fait, le consulat aurait même dirigé des touristes d'Alabama et de Virginie qui avaient cette cause à coeur vers la manifestation.
Les musulmans ont peur
Rachid Raffa, un musulman établi à Québec, a pour sa part fait le lien entre le décès d'Heather Heyer, tuée quand une automobile conduite par le suprémaciste blanc James Field a foncé dans la foule à Charlottesville, et la tuerie de la Grande Mosquée de Québec le 29 janvier.
«L'assassinat de cette dame doit être mis en parallèle avec l'assassinat de six personnes coupables d'être des musulmans. Le combat pour l'humanité est le même partout. Maintenant, les musulmans ont peur. Les gens ne vont plus dans les lieux de culte. Les parents n'envoient plus leurs enfants aux activités, car ils ont peur. Et la sécurité qu'on se paie n'est qu'à temps partiel», a-t-il affirmé avec émotion.
Dénoncer l'extrême droite
Sébastien Bouchard, ex-candidat de Québec Solidaire, abondait dans le même sens en dénonçant la montée de l'extrême droite dans la capitale.
«Il est important de les dénoncer, car ils sont de plus en plus présents sur les médias sociaux, ils sont associés à des actes violents et ce n'est pas la ville qu'on veut. Il faut créer un mur contre ce type de mouvement», a-t-il déclaré.
«Nous sommes touchés par ce qui s'est passé à Charlottesville parce que là-bas aussi, il y avait des groupes d'extrême droite qui se sentaient légitimisés en raison de l'attitude du président Trump», poursuit-il.
M. Bouchard affirme qu'il n'a jamais vu autant de groupes d'extrême droite à Québec depuis 30 ans. «D'Atalante jusqu'à la Meute, il y en a de plus en plus et ils s'organisent. Il y a eu plus d'une manifestation tenue par l'extrême droite raciste. Ils s'ajustent beaucoup au débat social: dans la dernière année, ils ont mis beaucoup l'accent sur l'islam et, maintenant, ils organisent une manif contre les demandeurs d'asile. Ça reste du pareil au même, c'est la peur des étrangers», conclut-il.
Plusieurs des participants à la vigile avaient d'ailleurs l'intention de se joindre à la contre-manifestation de l'organisme «Bienvenue aux réfugiés» prévue dimanche. Ils souhaitent faire barrage à la manifestation prévue au même moment par le groupe ultranationaliste La Meute dont ils dénoncent le discours haineux et raciste.