La dernière grande crue a eu lieu en 2013. Depuis, la mairie multiplie les remodelages de berges et d’infrastructures afin de laisser libre cours à la Lorette.

Vers un pont neuf sur le boulevard Masson

La Ville de Québec poursuit les travaux pour apaiser la rivière Lorette dont les débordements lui ont coûté une fortune. Elle vient de franchir un obstacle substantiel afin de finalement construire un nouveau pont permettant au boulevard Masson d’enjamber l’affluent sans nuire à son débit.

La dernière grande crue a eu lieu en 2013. Depuis, la mairie multiplie les remodelages de berges et d’infrastructures afin de laisser libre cours à la Lorette. Sur la liste des interventions importantes : la construction d’un pont de l’Accueil tout neuf.

L’entreprise s’est avérée plus complexe que l’espérait le maire de la capitale, Régis Labeaume. En 2018, deux ans après l’annonce officielle du chantier du boulevard Masson, l’élu avait fustigé le ministère de l’Environnement et la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Les exigences jugées trop pointues du gouvernement national forçaient un nouveau report.

Le dossier vient cependant d’effectuer un bond qui devrait permettre le remplacement du vieux pont de l’Accueil durant l’été 2020.

Selon les normes de l’agglomération et de l’État québécois, il est interdit d’ériger quelque structure que ce soit dans une zone où le risque d’inondation est important, une «zone inondable 0-20 ans», explique au Soleil la conseillère en communication municipale Wendy Whittom.

Le comité exécutif de la Ville a toutefois récemment autorisé un règlement qui octroie une dérogation spéciale pour ce chantier — dérogation permise si une série de critères établis par le gouvernement national sont respectés.

«Les travaux sont prévus de juin à octobre 2020», annonce Mme Whittom. «Les travaux consistent à reconstruire le pont et à élargir l’espace entre les culées, de façon à augmenter la capacité hydraulique du pont.»

Reste cependant à obtenir l’approbation finale : «[Les travaux] sont conditionnels à la délivrance d’une certification d’autorisation du MELCC.»

Indemnisations

La conclusion d’un contrat pour le pont de l’Accueil pourrait être un des derniers chapitres de la saga des inondations de la Lorette.

En juin, nous apprenions que la Ville de Québec a tiré un trait sur les réclamations liées à la crue des eaux des 24 et 26 septembre 2005. Le versement de quelque 5,74 millions $ mettait un terme au dernier dossier judiciarisé, un recours collectif traitant des dommages à 206 immeubles.

Au total, la mairie a scellé des ententes pour clore 79 réclamations déposées par les sinistrés de l’inondation de la rivière Lorette de 2005. La mairie aura décaissé un total de 15 millions $ en indemnisations pour ce seul événement.

L’ardoise pour un autre gonflement de la rivière Lorette, celui de mai 2013, n’est toutefois pas effacée. L’administration municipale a certes autorisé le versement d’un peu plus de 626 000 $ pour régler 195 requêtes. Plusieurs autres sont toutefois en suspens.

En plus des versements aux sinistrés des deux grandes inondations, la Ville de Québec évaluait en 2018 que les travaux pour contenir la rivière Lorette lui auraient coûté plus de 45 millions $ d’ici 2020.

La Ville ne veut pas dire combien vaut spécifiquement le nouveau pont de l’Accueil. «On ne peut dévoiler le coût estimé des travaux avant que le processus d’appel d’offres soit réalisé, ceci afin d’éviter toute surenchère de la part des soumissionnaires», note Mme Whittom.