En 2009, la Ville avait décidé de disséminer quelque 500 poubelles à deux ouvertures sur ses trottoirs, sauf que le ministère de la Culture avait refusé leur installation dans le Vieux-Québec, préférant conserver les vieilles brunes.

Vers la fin de la saga des poubelles de rue

Après au moins une décennie d’essais et d’erreurs, de débats, de projets pilotes, la Ville de Québec espère mettre un point final à la saga des poubelles de rue mal-aimées. Dès ce printemps, le citoyen verra apparaître sur les trottoirs et dans les parcs des centaines de nouvelles «corbeilles» permettant le tri des déchets.

Un nouveau chapitre du roman-fleuve des poubelles publiques est donc en rédaction. Une firme vient d’être mandatée par la mairie afin de faire du repérage pour déterminer où seront plantés les bacs, modèle 2019.

Souvenons-nous que c’est en 2009 que nous avons découvert qu’on ne rigole pas dans cette histoire. La Ville avait décidé de disséminer quelque 500 poubelles à deux ouvertures sur ses trottoirs : les détritus d’un bord, les matières recyclables de l’autre. Sauf que ce modèle-là n’avait pas plu au ministère de la Culture qui avait refusé leur installation dans le Vieux-Québec, préférant conserver les vieilles brunes.

Les contenants permettant le recyclage ont néanmoins été déployés au centre-ville, où ils se trouvent toujours. Ils se sont cependant vite révélés peu efficaces : les utilisateurs jettent souvent leurs déchets pêle-mêle dans les deux sections et les intempéries entrent facilement par les ouvertures placées sur le dessus. En 2012, Radio-Canada avait d’ailleurs révélé que les matières ainsi souillées étaient envoyées à l’incinérateur, pas au centre de tri.

La Ville avait alors entrepris de dénicher la corbeille parfaite réglant ces vices et capable de séduire le ministère de la Culture. Pas simple! Mais en octobre 2013, elle pensait avoir mis la main sur l’objet miracle : des poubelles livrées en paire, une pour le recyclage, l’autre pour le reste. Quelques unités ont été plantées pour un test. Le projet pilote s’est étiré jusqu’en avril 2015 quand la mairie a jeté l’éponge; le modèle n’a pas répondu aux attentes, notamment parce que les citoyens ne triaient pas ce qu’ils y déposaient.

Mais les fonctionnaires se sont remis au travail et pensent aujourd’hui avoir réussi l’impossible! Un nouveau modèle de «duos de corbeilles de rue» sera mis en place. Mais nous ne pouvons vous montrer l’objet rare, les politiques se réservant l’honneur de le dévoiler publiquement «au cours des prochaines semaines», dixit le porte-parole municipal, David O’Brien.

Plus qu’avant

Puisque la capitale s’est fixé comme objectif de valoriser 82 % de ses matières résiduelles d’ici 2028, il y aura beaucoup de ces corbeilles, plus que maintenant. «La Ville prévoit implanter systématiquement des équipements de tri dans les aires publiques (parcs, bordure de rue, sites touristiques, etc.)», nous explique-t-il.

«La première étape de déploiement vise le centre-ville de Québec (Vieux-Québec et principales artères commerciales de l’Arrondissement La Cité-Limoilou) pour environ 350 points de localisation», ajoute-t-il. «L’installation et la mise en opération des corbeilles sont prévues d’ici l’été 2019.»

«Concernant le fonctionnement des corbeilles, [il y aura] deux ouvertures (déchets et matières recyclables) dans les couvercles», explique-t-il. «La signalétique et le visuel ont été conçus pour favoriser le tri par les usagers.»

«La matière sera par ailleurs protégée des intempéries pour en préserver la qualité», assure-t-il. «Le contenu des corbeilles dédiées au recyclage sera envoyé au centre de tri.»

Reste à voir si ce sera suffisant pour conclure la saga… ou si beaucoup d’encre coulera.