Le comité Action Trans du Groupe gai de l’Université Laval (GGUL), à la source de l’initiative, travaille depuis l’automne 2016 à convaincre la direction d’instaurer dans les pavillons «des toilettes individuelles et non genrées pour toutes et tous».

Vers des toilettes «universelles» à l'UL

EXCLUSIF / Les démarches vont bon train pour que des toilettes neutres fassent leur apparition sur le campus de l’Université Laval en 2018.

Le comité Action Trans du Groupe gai de l’Université Laval (GGUL), à la source de l’initiative, travaille depuis l’automne 2016 à convaincre la direction d’instaurer dans les pavillons «des toilettes individuelles et non genrées pour toutes et tous». L’objectif est double. D’une part, le GGUL veut «changer les perceptions populaires face aux personnes trans, non-binaires et non-conformes de genre». De l’autre, il veut faciliter la vie de tous les membres du campus, quelle que soit leur identité de genre.

Si l’accueil avait été plutôt froid sous l’administration de l’ex-recteur Denis Brière, le dossier chemine beaucoup plus rapidement depuis l’élection de Sophie D’Amours, au printemps 2017. «C’est vraiment [dans la dernière année], avec la nouvelle rectrice, que ça a pris de l’envergure», a expliqué au Soleil Sarah Renaud, coprésidente du GGUL, lors d’un entretien téléphonique, samedi.

La rectrice a rencontré, cet automne, des représentants du GGUL, qui a de son côté fait une demande officielle pour des toilettes neutres en novembre dernier. «Cette demande a été accueillie avec ouverture par l’Université Laval. Une réflexion s’est alors amorcée avec les services concernés et des pistes de solutions ont été identifiées», a confirmé samedi Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l’institution d’enseignement. «À très court terme, nous rencontrerons [le GGUL] afin de lui présenter les solutions possibles.»

La volonté de la direction de l’Université Laval semble indéniable et sa vision à long terme. Toujours selon Mme Stewart, l’Université Laval veut «établir de nouveaux standards pour les prochaines phases de rénovation majeure ou les nouvelles constructions, et ce, afin d’assurer une meilleure disponibilité et distribution des toilettes universelles dans les pavillons». La porte-parole a défini une «toilette universelle» comme une toilette «pour tous, hommes, femmes, transgenres, handicapés, etc.»

Par respect pour le GGUL, qui verra le plan en premier, Mme Stewart s’est gardée de donner le détail de ce qui sera proposé.

Le GGUL aimerait obtenir la mise en place, d’ici la rentrée d’automne 2018, d’au moins une toilette neutre par pavillon. Ces toilettes pourraient servir «à tout n’importe qui», mais répondraient surtout aux besoins des personnes transgenres ou transsexuelles au sein de la communauté universitaire.

Angoisse et anxiété

L’absence de tels lieux génère angoisse et anxiété pour certaines de ces personnes, selon le GGUL. «On a des personnes, dans des rencontres qu’on a eues, qui nous ont parlé de la source de stress lors du processus de transition», a souligné Mme Renaud. Les personnes dites non-binaires, qui ne se définissent pas par le seul genre masculin ou féminin, ou qui rejettent cette dualité, font aussi partie des préoccupations du GGUL dans sa présente démarche.

«On veut y aller, pour le moment, avec la solution la plus facile, qui est de choisir certaines toilettes qui sont pour personnes handicapées et de changer le symbole», a ajouté Sarah Renaud. D’autres établissements d’enseignement l’ont déjà fait. À l’Université de Montréal, par exemple, 80 toilettes individuelles n’arborent aucun symbole de genre depuis 2015, mais seulement la mention «toilette» sur la porte.

Après le dossier des toilettes, le comité Action Trans du GGUL compte se pencher sur les formulaires de l’Université Laval pour qu’un étudiant puisse s’inscrire sous le genre et le nom qu’il désire, et non pas nécessairement par son «nom légal». La question d’instaurer des vestiaires neutres sera aussi étudiée.