Les propriétaires d'Anacolor savent depuis longtemps ce qu'ils devraient faire pour être en règle. Cela fera bientôt trois ans que le ministère de l'Environnement leur a demandé d'installer un système d'épuration de ses émissions atmosphériques, ce qui n'est toujours pas fait.

Usine Anacolor: Labeaume plaidera auprès de Heurtel

Le maire Régis Labeaume demandera cette semaine au ministre de l'Environnement du Québec de traiter comme «un cas d'espèce» le dossier d'Anacolor, pour faire cesser les odeurs persistantes s'échappant de l'usine de Cap-Rouge.
Plusieurs voisins de l'entreprise de peinture ont pris le micro lors du conseil municipal, lundi, pour exprimer leur ras-le-bol des odeurs incommodantes et leur peur de vivre à proximité d'une source constante de pollution. Une pétition de 1260 signatures, circulant depuis le mois d'août et réclamant la relocalisation de l'usine, a été déposée.
Le maire de Québec a répondu aux citoyens qu'il allait rencontrer vendredi le ministre David Heurtel à Montréal pour discuter du dossier. Même s'il convient que les arguments légaux desservent la cause, M. Labeaume considère qu'«il faut en faire un cas d'espèce parce qu'il y a des limites». Il croit que le gouvernement du Québec est mieux outillé pour jouer du coude en matière d'environnement. 
Le maire a fait valoir que la Ville avait fait tout en son pouvoir pour qu'Anacolor déménage, allant jusqu'à lui faire une offre pour son terrain. Mais son propriétaire, dont il a dit qu'il avait «l'air d'un filou», serait trop gourmand. 
Aux intervenants qui accusaient la Ville de prendre le parti de l'entrepreneur et de ne pas se préoccuper suffisamment de la santé des citoyens, M. Labeaume a fait des remontrances. Il les a invités plusieurs fois à être «fair» avec les élus. «Essayez pas de m'enlever de l'énergie en disant des stupidités», a-t-il laissé tomber.
Au bout du compte, la porte-parole du Regroupement citoyen pour la qualité de l'air de Cap-Rouge, Stéphanie Houde, n'était pas impressionnée. «Il n'y a rien de nouveau qui ressort. On se défend toujours en disant que la loi provinciale prévaut sur la loi municipale. On aimerait bien qu'il y ait des sanctions. On aimerait bien aussi qu'en dehors de la loi, M. Labeaume, étant un homme d'affaires connu, utilise de son réseau, de ses relations afin de faire davantage de pressions», a-t-elle commenté après une journée de fortes odeurs. 
Au cours des prochaines semaines, le groupe entend conscientiser lui-même les clients d'Anacolor au comportement de l'entreprise, qui a maille à partir avec le ministère de l'Environnement. 
«On sait que dans les dernières semaines, on s'est fait gazer pour le nouveau stationnement de Place Sainte-Foy. [...] Nous, on a l'intention d'écrire à chacun de ces clients-là pour les informer : est-ce que vous savez qu'en ayant choisi Anacolor comme peintre, vous venez de faire votre chantier au détriment de la santé de plusieurs centaines de résidents à Cap-Rouge?» a annoncé Mme Houde aux journalistes.