Lundi matin, le maire de Québec, Régis Labeaume, est venu annoncer la bonne nouvelle aux aînés de la résidence Le St-Patrick.

Une traverse piétonne pour aînés sur l'avenue De Salaberry

Avec sa marchette, Jeannette Poisson a peur de traverser le passage piétonnier sur l’avenue De Salaberry, à l’angle de la rue Aberdeen.

Lorsqu’elle veut aller faire des courses aux Halles Cartier, tout près, elle craint de se faire frapper par un automobiliste. «Des fois, on pense qu’ils vont ralentir, mais ils arrivent bien trop vite», dit cette résidente du St-Patrick, où habitent quelque 400 aînés dans le quartier Montcalm.  

Lundi matin, le maire de Québec, Régis Labeaume, est venu leur annoncer une bonne nouvelle. Dès l’automne, la Ville de Québec va tester une nouvelle technologie de signalisation pour sécuriser davantage cette traverse piétonne. 

Dans le cadre d’un projet-pilote, la Ville y installera de nouveaux panneaux avec signaux lumineux à pulsation rapide, un dispositif de plus en plus répandu au Québec.

Ces panneaux seront «plus performants» pour «avertir les automobilistes qu’il faut ralentir», a expliqué le maire Labeaume. 

S’il s’avère concluant, le projet-pilote sera élargi à d’autres endroits où les piétons sont plus vulnérables, comme dans les zones scolaires, a indiqué Marc des Rivières, directeur du Service du transport et de la mobilité intelligente à la Ville de Québec. 

Le panneau avec signaux lumineux à pulsation rapide est plus efficace qu’un panneau de signalisation traditionnel, soutient la Ville.

À la différence des feux clignotants ronds classiques, ce panneau est constitué de deux feux rectangulaires qui s’allument en alternance et clignotent à une fréquence rapide, un peu comme les gyrophares des véhicules d’urgence. Ils attirent davantage l’attention des automobilistes, soutient M. des Rivières. 

«Quand les piétons vont arriver à la traverse et vont peser sur un bouton, à ce moment-là il y a deux feux stroboscopiques qui vont se mettre en fonction pour informer les automobilistes qu’il y a un piéton qui veut traverser», illustre Marc des Rivières. 

À l’intersection de la rue Aberdeen, l’avenue De Salaberry sera aussi rétrécie de deux mètres afin d’inciter les automobilistes à ralentir et réduire la distance à parcourir pour les piétons.

Luc Desbiens, directeur de la résidence Le St-Patrick, se réjouit de voir le panneau avec signaux lumineux à pulsation rapide apparaître à l’intersection de Salaberry et Aberdeen.

«L’an passé, le fonctionnaire qui a eu le dossier et qui est venu faire l’étude m’a confié qu’il a failli se faire frapper. Et là, on parle d’un adulte avec une bonne mobilité. Nos résidents, la moitié n’entendent pas et on de la misère à voir. Ils ont une marchette, une canne. C’est dangereux», dit-il. 

À sa connaissance, il n’y a pas eu récemment d’accident impliquant un aîné à cette intersection. Mais «c’était une question de temps, dit M. Desbiens. Il fallait qu’on réagisse vite».

Étienne Grandmont, directeur général d’Accès Transports Viables, espère que l’initiative de la Ville ne se limitera pas à l’avenue De Salaberry. «J’espère qu’à d’autres endroits, sur le territoire de la Ville de Québec, on pourra envisager, effectivement, des traverses [piétonnes] qui sont plus visibles pour les automobilistes», dit-il. 

Schéma de la traverse piétonne de l'Avenue de Salaberry

Promesse électorale

En sécurisant la traverse piétonne de l’avenue De Salaberry, le maire Labeaume a indiqué qu’il honorait une promesse électorale. Le conseiller municipal Jean Rousseau, de Démocratie Québec, a lui aussi souligné qu’il s’agissait d’un engagement de son parti. 

Les aînés de la résidence Le St-Patrick avaient hâte que le passage piétonnier soit plus sécuritaire, souligne-t-il. «Je leur demandais : ah, vous êtes à côté des Halles, ça doit être agréable. [Ils me répondaient] : “On n’y va pas, M. Rousseau. Les gens roulent trop vite. Ils ne respectent pas les piétons.”» 

Le projet coûtera environ 40 000 $ à la Ville de Québec. Après les travaux, elle vérifiera si la technologie donne les résultats attendus. 

+

UN DISPOSITIF DE SIGNALISATION DE PLUS EN PLUS RÉPANDU

Le panneau Kali-Flash est constitué de deux feux rectangulaires qui s’allument en alternance et clignotent à une fréquence rapide.

Les panneaux avec des signaux lumineux à pulsation rapide sont installés sur de plus en plus de traverses piétonnes au Québec, même si le ministère des Transports du Québec ne les a pas encore approuvés.  

Joint par Le Soleil, Anthony Lapointe, directeur des ventes et marketing de Kali-Flash, la seule entreprise qui vend cette technologie dans l’est du Canada, affirme qu’une centaine d’unités ont été déployées dans la province. La Ville de Boischatel, voisine de la capitale, en a acquis une en 2016. Shawinigan, Saint-Lazare, Dollard-des-Ormeaux, et l’arrondissement Lachine, à Montréal, en possèdent aussi plusieurs. 

Aux États-Unis, la technologie des signaux clignotants à pulsation rapide est approuvée pour les traverses piétonnes depuis 2008. En Ontario, elle l’est depuis deux ans.