À titre d'exemple, Johanne Elsener, porte-parole du Regroupement de 25 conseils de quartier de la Ville de Québec, estime que les zones établies pour une signature de registre pourraient être élargies afin d'éviter qu'une poignée de citoyens puissent bloquer un projet.

Une «solution de rechange» ne vaut pas un référendum, disent les conseils de quartier

Un comité mis sur pied et des façons de bonifier la consultation citoyenne n'auront jamais le même pouvoir qu'un référendum aux yeux des conseils de quartier de la Ville de Québec.
«La bonification n'est pas une alternative. Il est nécessaire de maintenir les référendums. Ils incitent les promoteurs à venir présenter et améliorer leur projet», a lancé d'entrée de jeu Johanne Elsener, porte-parole du Regroupement de 25 conseils de quartier de la Ville de Québec.
Elle réagissait à un article du Soleil de mercredi révélant que le gouvernement Couillard a formé un groupe de travail composé de représentants municipaux et de l'organisme Vivre en ville. Le comité aura comme mandat de trouver une meilleure façon de consulter les citoyens lors des demandes de changements de zonage, puisque les référendums seront abolis dans le projet de loi 122. 
«J'ai toujours dit que si on les éliminait, ces référendums, ce n'est pas parce qu'on veut moins de participation ou moins d'influence des citoyens sur les décisions. C'est qu'on veut avoir un meilleur modèle pour les faire participer et leur faire avoir de l'influence sur les décisions en amont», a dit au Soleil le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.
Ce dernier recevra les recommandations du groupe d'ici le 1er juillet.
En entrevue, Mme Elsener n'a évidemment rien contre la création d'un comité. Au contraire, Vivre en ville «est un organisme très compétent» et «s'est présenté en faveur du processus référendaire». Dans son mémoire déposé à l'occasion de la Commission parlementaire sur le projet de loi 122 en février, l'organisme soutenait que «l'existence même du processus favorise l'amélioration des projets en amont, via un effet incitatif masqué qu'il convient de ne pas abandonner sans contrepartie», pouvait-on lire. Vivre en ville donnait aussi l'exemple d'un projet «amélioré grâce au processus référendaire» dans le quartier de la Pointe-de-Sainte-Foy.
«La majorité des conseils de quartier sont en faveur d'une bonification du processus de consultation et d'approbation référendaire», poursuit Mme Elsener. Elle estime que les zones établies pour une signature de registre pourraient être élargies afin d'éviter qu'une poignée de citoyens puissent bloquer un projet, par exemple.
Le PQ se questionne
Du côté du Parti québécois (PQ), le porte-parole de l'opposition en matière d'Affaires municipales, Martin Ouellet, estime aussi qu'il est possible de travailler dans le contexte des référendums tout en modifiant les critères. «On ne veut pas les abolir», a-t-il réaffirmé. Le député rappelle que si les maires de Québec et de Mont­réal souhaitent l'abolition des référendums, plusieurs autres à Gatineau, Shawinigan par exemple, souhaitent conserver ce mécanisme. 
M. Ouellet se questionne aussi sur la façon de procéder. Le ministre Coiteux, avance le député péquiste, veut faire adopter la loi avant la fin de la présente session parlementaire. Or, les recommandations du comité arriveront plus tard cet été. 
«Ça m'intrigue. Je trouve ça particulier. On fera l'étude article par article de la loi, et là, on annonce l'implication de l'Union des municipalités du Québec, de Vivre en ville vers un cadre de référence en juillet», a énuméré Martin Ouellet. «Comme parlementaire, c'est présumer d'une finalité», a-t-il déploré.
À la Coalition avenir Québec, on a dit mercredi attendre de voir les recommandations du groupe de travail avant de commenter davantage.
Le directeur général de Vivre en ville, Christian Savard, a référé mercredi les questions du Soleil vers les «autorités municipales et gouvernementales».