Alors que des citoyens de Québec inquiets réclament plus d'informations sur les conséquences du Sommet du G7, des mesures de sécurité ont commencé à se matérialiser dans la capitale, mercredi, notamment par l'installation d'une cloture autour de la centrale de police du parc Victoria.

Une séance d’info sur le G7 à Québec

Alors que les premiers signes visibles de la tenue du G7 commencent à apparaître dans la capitale, notamment autour de la centrale de police du parc Victoria, l’organisation du sommet accepte finalement de rencontrer la population de Québec. Une assemblée publique visant à «apaiser» les inquiétudes aura lieu le 16 mai, en soirée.

Le maire Régis Labeaume réclamait cette séance d’information depuis un certain temps déjà. Il a confirmé en conférence de presse, mercredi, qu’il avait enfin reçu l’aval de Peter Boehm, sherpa canadien pour le G7, soit le représentant du gouvernement de Justin Trudeau. Le lieu et l’heure de la rencontre restent à confirmer. Une «grosse» conférence de presse est aussi prévue le même jour.

Les deux hommes, qui ont de bonnes relations selon les dires du maire, se sont parlé mardi matin. Discussion au cours de laquelle M. Labeaume a obtenu ce qu’il souhaitait. La veille, il sommait la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de tenir une séance publique d’information, comme à La Malbaie. 

Lever «le mystère»

Au terme de l’exercice, le maire souhaite qu’il y ait «le moins de mystère possible» entourant le déroulement du G7. Car bien que le sommet comme tel se tiendra à La Malbaie les 8 et 9 juin, c’est à Québec que des manifestations sont attendues, et ce, dès le 7. Dans ce contexte, l’ombre du Sommet des Amériques, en 2001, fait craindre le pire à certains citoyens et commerçants du centre-ville.

S’il convient que les stratégies policières ne seront pas rendues publiques, M. Labeaume croit que les autorités ont à tout le moins le devoir d’expliquer à la population la responsabilité de chacun. «Un moment donné, ça ne peut pas rester [l’information] à l’intérieur des corps policiers. Il y a des humains qui sont sur le territoire, qui vivent dans cette ville-là», a souligné le maire, mercredi. 

Des membres de l’organisation du G7, du Groupe intégré de sécurité (GIS) — chapeauté par la GRC —, d’Affaires mondiales Canada et du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) devraient notamment être présents.

Pas un «take over»

Le maire a laissé entendre à quelques reprises ces derniers jours qu’il n’aurait plus l’autorité sur sa ville pendant le sommet du G7. «C’est comme un take over sur le territoire. L’autorité change pour quelques jours et il faut que les gens comprennent», a-t-il encore dit mercredi. 

La GRC ne le voit pas de cette façon. Bien que le GIS relève de la GRC, cette dernière a expliqué au Soleil que le SPVQ gardait le contrôle sur son territoire. «Il n’y a pas de take over. […] Québec garde le contrôle sur sa ville et sur comment ils vont les gérer [les événements, les manifestations]», a expliqué Camille Abel, porte-parole de la GRC. Elle a du même souffle rappelé que le SPVQ faisait partie du commandement unifié. 

La Ville de Québec se garde de donner des directives précises aux citoyens et aux commerçants. Elle s’attend à ce que l’organisation du sommet joue ce rôle. La Ville transmettra alors l’information via ses propres canaux de communication.

Régis Labeaume a aussi abordé mercredi la question des chantiers de construction au centre-ville. Ces derniers seront complétés, ou du moins le matériel pouvant servir de potentiels émeutiers ne sera pas laissé sur place, a-t-il assuré. 

Premiers signes

L’annonce de M. Labeaume survenait le même jour où des premiers signes du G7 ont fait leur apparition en ville. Les clôtures entourant la centrale de police du parc Victoria ont en effet été renforcées et étirées en hauteur. «C’est pour le centre de détention temporaire et le traitement des contrevenants qui pourraient être arrêtés [durant le G7]», a fait savoir Chantale Giguère, directrice générale adjointe de la Ville. 

Pour les citoyens qui observeraient des clôtures près des fortifications face au Parlement, elles ne seraient pas liées à la tenue du G7. Selon les explications de Parcs Canada, «elles sont installées en prévision des travaux qui auront lieu en 2018 sur ce segment des fortifications, le bastion des Ursulines».