L'enseigne ronde de l'ancien Cinéma de Paris est «une perte totale» selon Ex Machina, qui a fait ce constat lors de son démantèlement.

Une remontrance pour le Diamant

L'équipe du théâtre Le Diamant a contrevenu à la loi en détruisant l'enseigne de l'ancien cinéma de Paris, à place D'Youville, sans avoir l'autorisation du ministère de la Culture.
Un avis d'infraction a été remis par le Ministère de la Culture à l'équipe du Diamant, un projet de la compagnie de Robert Lepage, Ex Machina. C'est que l'entente qu'avait l'entreprise avec le Ministère permettait uniquement «le démantèlement, l'entreposage et la réinstallation de l'enseigne de l'ancien Cinéma de Paris» durant les travaux de démolition de l'ancien YMCA de place D'Youville, où sera construit Le Diamant. 
Or, constatant que l'enseigne était «une perte totale», l'équipe du Diamant est allée plus loin à la suite de son démantèlement, le 23 février. «Elle a été démolie, détruite et jetée au rebut», a expliqué au Soleil la porte-parole du Ministère, Annie LeGruiec, jeudi après-midi. «C'est contraire à la loi. Cela ne respecte pas les dispositions de notre entente.»
Ce qu'aurait dû faire Ex Machina, constatant que l'enseigne était irrécupérable, c'est une nouvelle demande au ministère pour pouvoir la détruire. Évidemment, une fois l'enseigne détruite, une autorisation ne peut être donnée rétroactivement par le ministère, souligne Mme LeGruiec. 
Amende... au besoin
Une infraction à la Loi sur le patrimoine culturel est passible d'une amende de 6000 $ à 1,1 million $, mais le Ministère peut également se contenter d'un simple avis d'infraction. «D'abord, on veut sensibiliser le propriétaire à l'importance du patrimoine. L'amende ne peut pas faire revenir ce qui est parti», pointe la porte-parole du Ministère.
L'équipe du Diamant a reconnu ses torts via communiqué, en fin d'après-midi, jeudi, expliquant que dans le feu de l'action, la destruction avait été faite en omettant de demander une autorisation supplémentaire. Lorsque contactée par le Ministère, la direction du Diamant a immédiatement consenti à une rencontre et avoué son erreur. «Nous cherchons activement des solutions en concertation avec l'ensemble des autorités concernées afin de trouver le moyen de ramener à la mémoire cet emblème de la Place D'Youville.»