Famille et amis lui ont rendu hommage à Jean Pelletier jeudi, dont son complice de toujours, Jean Chrétien.

Une place de choix pour Jean Pelletier

Jean Pelletier a maintenant une place à son nom à Québec, devant la gare du Palais. Famille et amis lui ont rendu hommage jeudi, dont son complice de toujours, Jean Chrétien, qui a dit souhaiter que Québec retrouve ses Nordiques, entrés dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en partie grâce au maire Pelletier.
L'ancien premier ministre canadien tenait à être de la cérémonie jeudi pour rendre hommage à celui qui était son grand ami, qui a dirigé la destinée de Québec entre 1977 et 1989 et qui a aussi été son chef de cabinet pendant 11 ans.
Bien en verve, M. Chrétien a raconté ses faits d'armes auprès de Pelletier, alors que les deux jeunes hommes étaient collégiens. «Je le connaissais depuis le collège. Il s'était fait sacrer dehors par les Jésuites et moi, je m'étais fait sacrer dehors par les clercs de Saint-Viateur. On s'est retrouvés côte à côte au Séminaire des Trois-Rivières, qui était la prison entre les deux», a-t-il lancé, déclenchant les rires.
Il n'a pas manqué de souligner que M. Pelletier caressait le même rêve que le maire actuel, Régis Labeaume. «Pelletier voulait avoir du hockey à Québec. J'ai entendu dire que le maire actuel pensait la même chose. Il est venu me voir pour trouver une solution parce qu'il fallait agrandir le Colisée.» C'était en 1979 et Jean Chrétien était alors ministre des Finances sous Pierre Elliott Trudeau. L'agrandissement a permis aux Nordiques d'être admis dans les grandes ligues.
Aujourd'hui, l'ancien politicien aimerait voir le retour du Fleurdelisé dans la capitale. «C'est une ville de hockey Québec. Les gens aimaient ça. [La LNH] songe seulement à aller dans des villes où l'auditoire ne va pas à l'aréna. Ici, c'est sûr que l'aréna va être plein tous les soirs. Les clubs de hockey viennent fatigués de jouer devant des salles vides dans le sud. Ils viendront à Québec et ils vont voir ce que c'est une foule qui aime le hockey», s'est-il enflammé.
Un héritage
Avant d'inaugurer la stèle commémorative de la nouvelle place Jean-Pelletier, le maire de Québec, Régis Labeaume, a insisté sur la contribution de son prédécesseur au développement de la ville. Son administration a adopté le drapeau, transformé le bassin Louise en marina, prolongé l'autoroute Laurentienne, aménagé la place D'Youville et sa patinoire et permis l'inscription du Vieux-Québec sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
C'est aussi lui qui a été à l'origine de la revitalisation de Saint-Roch. «Construire la bibliothèque Gabrielle-Roy dans le Saint-Roch de l'époque, ça prenait beaucoup de vision. Et Jean Pelletier l'avait.» Il a également ramené les trains au centre-ville, a souligné le maire. Il est d'ailleurs passé à un cheveu de réaliser le projet de corridor Québec-Windsor.
Pour la femme de M. Pelletier, Hélène Bhérer-Pelletier, c'est un grand hommage qui a été rendu à son mari. «Il a été 12 ans à la Ville de Québec, il a travaillé très fort, et je suis contente que ça soit reconnu aujourd'hui. C'est très significatif, la place de la gare, parce qu'il a été président de VIA Rail, il a ramené les trains au centre-ville, il a eu l'idée de la gare intermodale. C'est très bien choisi.»