La Maison Tremain-Stuart est source d'inquiétude et de frustration pour les commerçants voisins.

Une maison patrimoniale qui dérange

Faute d'entretien, une maison patrimoniale située sur la rue Saint-Paul dépérit à vue d'oeil. Malgré les nombreux constats d'infractions délivrés par la Ville de Québec, celle-ci peine à intervenir au grand dam des commerçants du coin.
La Maison Tremain-Stuart, sise au 141, rue Saint-Paul, a été construite en 1820 et est «une des rares constructions en rangée de cette période à avoir été sauvegardées», peut-on lire sur sa fiche patrimoniale. 
Or, depuis plusieurs années, elle est à l'abandon et ses deux plus récents propriétaires ont reçu plus d'une dizaine de constats d'infractions pour avoir omis de l'entretenir. Selon la propriétaire du commerce voisin, Les Cafés du Soleil, l'hiver et le début du printemps ont été passablement éprouvants.
La Maison Tremain-Stuart située au 141, rue Saint-Paul a été construite en 1820.
Il y a quelques semaines, un piéton aurait été blessé après avoir reçu un glaçon en provenance du toit du bâtiment délabré, raconte Geneviève Rodrigue. Pour sécuriser le tout, la Ville de Québec a installé des clôtures et a même aménagé une extension au trottoir pour les contourner. 
L'arrière de la maison fait encore plus mauvaise mine. Depuis deux ans, l'endroit est clôturé, bloquant ainsi l'accès à la ruelle très prisée des touristes, la rue Sous-le-Cap. Selon Mme Rodrigue, les employés municipaux n'ont pas voulu déneiger l'espace même si l'accumulation de neige menaçait son immeuble en raison des possibles infiltrations d'eau. Les cols bleus qui se sont déplacés auraient craint pour leur sécurité tant le 141, rue Saint-Paul est instable. 
«Ce n'est pas bon pour les affaires», déplore Mme Rodrigue, qui aménage à chaque année une petite terrasse devant son café. La propriétaire de la galerie Alain Lacaze située à quelques pas, ne comprend pas que la Ville de Québec puisse laisser un tel bâtiment se dégrader. «J'ai l'impression qu'elle délaisse la rue Saint-Paul», regrette Barbara Sally. 
Il y a eu une petite lueur d'espoir cet automne alors que la Maison Tremain-Stuart devait être mise en vente pour défaut de paiement de taxes. Mais celles-ci ont finalement été acquittées. «Présentement, nous réfléchissons aux options qui s'offrent à nous dans ce dossier», affirme la porte-parole de la municipalité, Marjorie Potvin, qui ne peut en dire davantage parce que le dossier est encore en cour. 
Pour Geneviève Rodrigue, il ne fait aucun doute que la seule chose à faire est de démolir l'immeuble tant celui-ci s'est dégradé avec le temps. Mais ce n'est pas l'avis des principaux intéressés. L'actuel propriétaire de la maison, Yvon Lamarre, a référé Le Soleil à Denis Bordeleau qui l'a détenue de 1977 à 2015. Ce dernier, qui se dit désormais son gestionnaire, explique vouloir restaurer la maison et même avoir entamé des procédures pour recevoir des subventions à cette fin. 
Intérêt archéologique 
M. Bordeleau explique vouloir dans un premier temps effectuer des travaux pour éviter que des parements ne tombent. 
Puis, il espère être en mesure de donner une véritable cure de jeunesse à la maison qu'il a possédée pendant près de 40 ans. «Notre but c'est de sauver la bâtisse», assure-t-il, ajoutant que les autorités municipales sont du même avis. 
Il fait également valoir que le 141, rue Saint-Paul a non seulement une forte valeur patrimoniale, mais également archéologique puisque certaines parties du toit sont toujours couvertes de bardeau de cèdre d'époque. 
Il explique même que des archéologues s'y sont intéressés. Mais Denis Bordeleau est incapable de fixer un échéancier aux travaux, disant dépendre non seulement de nombreux intervenants dans le dossier, mais également de subventions. Mais les commerçants du coin doutent de ses intentions, affirmant qu'ils n'ont jamais vu M. Bordeleau accorder le moindre intérêt à sa propriété.