Une allée des grands pour la place Jean-Béliveau

D'ici trois ans, la Ville de Québec commencera à doter la place Jean-Béliveau d'une allée commémorative consacrée à l'histoire et aux grands noms du hockey dans la capitale. La vice-présidente du comité exécutif Julie Lemieux en a fait l'annonce lors de l'inauguration en grandes pompes de l'espace public et de son oeuvre monumentale La Rencontre, samedi matin.
Le dévoilement des grandes lignes de ce projet survient après que de nombreux citoyens eurent manifesté leur déception que la ville ait omis d'honorer les grands du hockey dans l'aménagement de la place Jean-Béliveau.
«On travaille là-dessus depuis longtemps. Quand on avait annoncé le concours d'art public pour le 1 % de l'amphithéâtre, on avait dit qu'on voulait faire de la commémoration dans la place publique. Il fallait juste trouver l'endroit et on pense qu'ici, c'est le meilleur lieu, parce que c'est en continuité avec la place», a expliqué Julie Lemieux, au sujet de l'espace gazonné se situant à l'emplacement de l'ancien Espace K.
L'endroit deviendra donc un lieu de mémoire où seront célébrés, du côté nord de l'allée, les cinq époques de l'histoire du hockey à Québec, soit celles des Bulldogs, des As, des Remparts, des Nordiques de l'AMH et des Nordiques de la LNH. Au sud de l'allée, on retrouvera une quinzaine de bronzes et de bas-reliefs à l'effigie des héros du passé.
«Jusqu'au stationnement, ce sera le lieu où seront honorés les joueurs et les personnalités de hockey de Québec. Et ce ne sera pas des allées complètement. On veut que ce soit plus diversifié, plus ludique, et que les gens puissent aller y prendre des photos. Alors ce sera des bas-reliefs en bronze, des bustes», a raconté le maire de Québec, Régis Labeaume, nommant Joe Malone, les Stastny, Joe Sakic, Patrick Roy, Guy Lafleur, Maurice Filion et Michel Bergeron comme étant des personnalités susceptibles de s'y retrouver.
Vaste consultation publique
Passionné par l'histoire du hockey à Québec, Marc Durand sera le chef-d'orchestre de la vaste consultation publique - probablement sur Internet et dans le réseau des bibliothèques de la capitale - qui permettra de déterminer la quinzaine de personnalités qui seront honorées sur l'allée commémorative.
«Ce qu'on va faire, c'est qu'on va demander à la population de voter et de nous dire qui on devrait honorer là. À partir de là, on va se donner une liste de priorités», a poursuivi M. Labeaume, ajoutant qu'il allait de soi que Jean Béliveau soit le premier joueur immortalisé.
Pour la partie historique de l'allée, un concours sur invitation a été ouvert auprès de trois artistes pour la création d'oeuvres contemporaines et audiovisuelles, qui présenteront leurs propositions cet automne. 
«Il va y avoir un jury qui va déterminer ce qui va ressortir de ça. On a fait appel à trois artistes qui font des choses différentes, des plus standards, mais aussi des choses plus ludiques, plus technologiques, alors on va voir les propositions qu'ils vont nous faire», a expliqué Julie Lemieux.
La Ville de Québec et la Commission de la capitale nationale du Québec financeront les deux volets du projet commémoratif grâce à une enveloppe de 200 000 $ inscrite au Programme triennal d'immobilisations (PTI).
Outre la Ville de Québec et la Commission de la capitale nationale, les investisseurs privés qui souhaiteraient contribuer à l'élaboration de l'allée commémorative sont également invités à se manifester.
«La Ville est prête à investir. La Commission de la capitale nationale aussi, mais nous sommes également prêts à inclure d'autres organisations et entreprises qui voudraient honorer des joueurs ou des dirigeants en particulier», a conclu Régis Labeaume.
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La Rencontre soulève les passions
Généreusement applaudis lors de l'inauguration de la place Jean-Béliveau, les artistes Jean-François Cooke et Pierre Sasseville se sont dit surpris de la chaleur avec laquelle La Rencontre a été accueillie par les citoyens de Québec, samedi. L'oeuvre monumentale, un bronze de 11 mètres représentant deux cerfs de Virginie, n'a pas mis de temps à être adoptée par la population.
«On ne s'attendait vraiment pas à ça! C'est un drôle de feeling. Disons qu'en arts visuels, on a des vernissages où l'on présente notre travail, mais c'est assez rare qu'on a une tribune comme celle-là et qu'on a une réaction immédiate du public. Ça montre que les gens aiment les arts et sont contents d'en avoir dans leur vie», a estimé Jean-François Cooke.
La réponse positive et spontanée des citoyens est venue mettre un baume sur les critiques parfois acerbes véhiculées sur les réseaux sociaux.
«Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, on peut lire toutes sortes de commentaires qui vont dans toutes sortes de directions. Tout dépendant de notre état d'esprit de la journée, il y en a qui vont nous affecter. On va dans les extrêmes. De rencontrer physiquement des gens qui ont pris la peine de se déplacer pour venir vivre l'expérience qu'on propose, d'avoir des commentaires en se regardant dans les yeux, c'est vraiment spécial», a admis Pierre Sasseville.
Le duo est maintenant curieux, même s'il se dit positif, de voir à quel point La Rencontre, plus grande oeuvre de bronze coulée au Canada, sera réellement adoptée par la population de Québec.
«Les gens émettent une opinion sur la place et sur l'oeuvre depuis presque un an et demi. Mais il faut laisser le temps aux objets de se concrétiser et de vivre l'expérience. Au fil du temps, des saisons, la place va devenir un lieu habituel pour les citoyens et on espère que les gens vont venir en profiter», a souhaité Pierre Sasseville.