Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, Rémy Normand, a présenté le rapport financier de l’année 2018, lundi.

Un surplus de 41,7 millions $ pour la Ville de Québec

La Ville de Québec termine 2018 avec un surplus de 41,7 millions $, le double de l’année précédente. La hausse de la vente d’actifs municipaux est responsable de plus de 50 % du résultat obtenu.

L’administration Labeaume a présenté lundi ses résultats financiers de la dernière année. Les revenus totaux atteignent 1,52 milliard $ alors que le budget anticipé était de 1,46 milliard $.

Les revenus supplémentaires de 59,3 millions $ non budgétisés proviennent de diverses sources. La principale est la vente d’actifs municipaux additionnels. À elle seule, la concrétisation de la vente du terrain pour le centre de distribution de la maison Simons dans l’Espace innovation Chauveau a rapporté 15,3 millions $. À cela, il faut ajouter la vente de terrains pour 7,7 millions $ au promoteur La société Boisé Lebourgneuf.

La vitalité du marché résidentiel de l’immobilier a aussi rapporté gros. Des revenus supplémentaires pour les droits en mutations immobilières et des changements législatifs ont procuré 11,2 millions $ de plus que prévu.

D’ailleurs, la Ville a connu en 2018 sa meilleure année depuis cinq ans au chapitre des ventes d’unifamiliales, de copropriétés et de plex avec 4752 unités.

Dette toujours en baisse

Au chapitre de la dette, la Ville a versé 11,2 millions $ plutôt que les 15,5 millions $ anticipés. «C’est un écart de prévision normal non significatif. Il était déjà prévu que la dette baisse moins vite parce qu’on maintient des investissements élevés», explique le directeur général de la Ville, Luc Monty. La dette est en baisse depuis 2016.

La dette accumulée est de 1,58 milliard $, dépassant de 31 millions $ l’objectif à la baisse visée lors de l’adoption du cadre financier de 2011. Il y a huit ans, la Ville prévoyait une dette accumulée de 1,61 milliard $ pour 2018.

Revenus réinvestis

La grande partie des revenus réalisés en 2018 est réinvestie. Ainsi, la Ville créera un fonds spécifique de 25 millions $ pour l’acquisition de terrains industriels. Entre autres, elle ambitionne de créer une zone d’innovation sur le front fluvial de 3,9 km carrés, dont 750 000 mètres carrés développables, dans les secteurs Beauport, Maizerets et d’Estimauville.

Une autre somme de 5 millions $ servira à créer un fonds pour le programme Accès famille afin d’aider les jeunes familles à acquérir une première résidence. À la fin mars, la Ville élargissait les conditions d’admissibilité. 

Enfin, 11 millions $ gonfleront l’excédent de fonctionnement non affecté pour pallier les coups durs.

Redistribuer aux citoyens

L’opposition officielle à l’hôtel de ville s’en est prise à l’utilisation des surplus par l’administration Labeaume. «Ce qu’on demande, c’est de retourner de l’argent dans les poches des citoyens de Québec et des commerçants (16 millions $). Depuis 10 ans, les commerçants sont trop taxés. En plus, on demande un gel de taxes», lance Jean-François Gosselin, chef de Québec 21. 

Pour sa part, son collègue Stevens Melançon réclame un réinvestissement dans le programme triennal d’immobilisations (25 millions $) à la suite du retrait par l’administration en place de certains projets d’arrondissement pour 2018.

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L’ARGENT DE LA COLLUSION

La Ville de Québec a reçu un chèque de 8,6 millions $ de revenus non récurrents, dont la plus grande tranche —que la Ville ne peut divulguer— provient d’un programme de contribution volontaire pour les entreprises qui auraient tiré profit d’une participation à un système de collusion. Le gouvernement du Québec avait mis en place ce programme tout en promettant de ne pas poursuivre les entreprises qui déclaraient volontairement avoir participé à un système de collusion. D’autre part, la hausse des taux d’intérêt a aussi permis à la Ville de tirer des revenus additionnels de 9,3 millions $. 

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BUDGET DE DÉNEIGEMENT ENCORE DÉPASSÉ

Parmi les éléments défavorables contenus dans le rapport, les dépenses liées au déneigement (1er janvier au 31 décembre 2018) dépassent de 9,8 millions $ le budget initial de 45,6 millions $. C’est la troisième année consécutive que la Ville est confrontée à un important dépassement. Ne serait pas le temps d’ajuster le budget aux réalités climatiques actuelles. «Nous sommes présentement dans une refonte de la politique sur le déneigement. Avant de hausser le budget, il faut être sûr qu’on est dans une espèce de tendance. On va faire l’exercice de révision», soutient Rémy Normand, vice-président du comité exécutif de la Ville.  

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COLLECTE DES RÉSIDUS VERTS RETARDÉE

Le printemps tardif oblige la Ville de Québec à retarder sa collecte des résidus verts et des résidus de tonte de gazon, ainsi que l’ouverture du centre de transfert des résidus verts. La collecte se fait habituellement de la troisième semaine d’avril à la seconde semaine de mai. Pour cette année, elle aura lieu du 6 mai au 31 mai, avise la Ville de Québec. Les sacs en papier ou en plastique orange ou transparents sont acceptés. Le gravier qui sert d’abrasif pendant l’hiver n’est pas accepté dans la collecte des feuilles. Les citoyens qui désirent s’en départir doivent l’apporter à l’écocentre. Pour plus de détails, consultez le site de la Ville de Québec.  

EN CHIFFRES

  •  2,7 %  La diminution de la rémunération globale de tous les employés de la Ville et des élus en 2018 en proportion du budget. Elle représentait en 201 836,9 % du budget plutôt que 39,7 % l’année précédente.
  • 23,1 M$  La rémunération liée aux heures supplémentaires, en baisse de 8 millions $ sur l’année précédente. L’enveloppe 2017 avait été plus élevée qu’à l’habitude, notamment en lien avec la tuerie de la Grande Mosquée.
  • 27,8 M$  Les frais additionnels nécessaires principalement pour l’ajustement annuel de la provision pour identités, incluant le litige au recours judiciaire sur le partage des quotes-parts d’agglomération.