Joelyn Lake, une citoyenne de L'Ancienne-Lorette dont la maison doit être démolie pour redessiner la rivière Lorette (photo), était tout simplement incapable de poser sa question en raison, lundi au conseil municipal, en raison de la grande tristesse que suscite chez elle cette décision administrative.

Un silence qui en dit long

C'est avec un long silence que Joelyn Lake a attiré l'attention du conseil municipal de Québec lundi soir. La citoyenne de L'Ancienne-Lorette, dont la maison doit être démolie pour redessiner la rivière Lorette, était tout simplement incapable de poser sa question en raison de la grande tristesse que suscite chez elle cette décision administrative.
Vingt-quatre secondes, c'est le temps qu'a mis Mme Lake pour poursuivre son intervention après s'être présentée au micro. Le silence était complet dans la salle du conseil. Tant le maire de Québec, Régis Labeaume, que la présidente d'assemblée, Geneviève Hamelin, ont dit à la dame de prendre tout le temps nécessaire. 
Celle-ci a expliqué qu'il était convenu que la Ville de Québec achèterait, ou ultimement exproprierait, des commerces plutôt que des résidences pour remodeler la rivière Lorette et ainsi prévenir des inondations. 
 «J'aimerais savoir s'il serait possible d'acheter le commerce voisin des commerces déjà achetés plutôt que notre résidence, car il a récemment été mis en vente. Ça fait 30 ans que nous demeurons dans cette résidence et ça nous bouleverse énormément, ça change drastiquement notre vie», a laissé tomber Mme Lake, la voix étreinte par l'émotion. 
Dossier révisé
Le vice-président du comité exécutif responsable des travaux, Jonatan Julien, a expliqué sur un ton apaisant que le dossier avait été révisé et confirmé après les consultations du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Il a néanmoins promis de «refaire des validations avec l'équipe de l'ingénierie». 
«La rivière a des méandres, la rivière se comporte d'une façon, on fait les choix optimaux pour que les murs soient le plus bas possible. Soyez assurée que si on avait pu éviter de toucher aux deux résidences qui ont été ciblées dans le projet, on l'aurait fait», a assuré le conseiller municipal. 
Le commerce dont parle Mme Lake est un vendeur d'automobiles usagées. Il demande un demi-million de dollars pour sa propriété, située sur le boulevard Hamel, au sud de la rivière. Les résidences qui doivent être rasées pour aménager une plaine de débordement sont sur l'autre rive, rue Blier.