L'autoroute Laurentienne transformée en boulevard urbain, accueillant pour les ménages

Un regroupement veut transformer Laurentienne en boulevard résidentiel

Les conseils de quartier du centre-ville et des groupes environnementaux pressent le gouvernement du Québec de s’attaquer à l’autoroute Laurentienne. Pour l’élargir ? Au contraire, pour la transformer en boulevard sur les rives duquel des milliers de ménages s’installeraient, à un jet de pierre du cœur de la capitale.

«C’est difficile d’imaginer qu’on a encore une autoroute en milieu urbain aujourd’hui», avance le directeur général d’Accès transports viables, Étienne Grandmont. «L’autoroute existe depuis 1983 et la ville s’est agrandie. Elle est donc devenue en milieu urbain et ça amène des problématiques au niveau de la santé, de la santé mentale, les gens dorment moins bien parce qu’il y a beaucoup de bruit, il y a beaucoup de pollution atmosphérique.»

En transformant radicalement l’artère depuis l’autoroute Félix-Leclerc jusqu’au parc Victoria, il serait possible de réduire les effets négatifs, évalue M. Grandmont. Il serait également envisageable de mettre sur le marché autour de 6000 habitations, sans doute plus. Des logis situés près des services, des pistes cyclables, du réseau de transport en commun.

Au fait, M. Grandmont fait remarquer que 6000 nouvelles habitations, c’est exactement ce que veut construire le Groupe Dallaire sur les champs des Sœurs de la Charité. Il juge qu’il serait préférable d’établir ces ménages autour d’un futur boulevard Laurentien. «On a de la place pour accueillir ces gens-là plus près du centre-ville plutôt qu’ailleurs, par exemple sur des terres agricoles en périphérie de la ville.»

«Il y a des intérêts très très grands à voir les gens s’installer dans ce secteur ici plutôt que très très loin, par exemple dans le secteur de Beauport où ces gens-là vont être probablement fortement dépendants de l’automobile. […] On trouve ça intéressant de construire un nouveau quartier là où il y a déjà des infrastructures.»

«On voit beaucoup de terrains qui pourraient être récupérés pour faire de la place à des nouveaux ménages», poursuit-il. «Actuellement, c’est une mer de stationnements, c’est un territoire qui est vraiment sous-exploité. Il y a des grands terrains qui sont inutilisés».

Les militants ont accroché une banderole au-dessus de l’axe routier jeudi matin afin de mousser leur campagne. Ils ont notamment mis en ligne un site web : reinventerlaurentienne.org. Ils y présentent des esquisses préparées par des étudiants en design urbain et invitent la population à signer une pétition.

Ils demandent maintenant aux politiciens en campagne de se mouiller, de prendre position pour la mutation de l’autoroute en boulevard.

Le projet est appuyé notamment par les conseils de quartier Saint-Roch, Saint-Sauveur, Lairet, Vanier et Vieux-Limoilou. Le Conseil régional de l’environnement de la Captiale-Nationale, la Fondation David Suzuki, Équiterre et Vivre en Ville sont également favorables à la conversion.