Marie-Michelle Fortin à bord de son fauteuil roulant adapté Kartus conçu pour les activités en plein air. Aurélie Gicquel était aux commandes du fauteuil roulant, monté de trois skis pour l’occasion.

Un Pentathlon des neiges inclusif

«L’important, c’est de traverser la ligne d’arrivée», souhaitait faire entendre l’enseignante Mélyna Doyon en créant le Défi intégration sociale au Pentathlon des neiges en 2019. Mais cette année, l’accessibilité aux gens atteints de limitations physiques ou intellectuelles était encore plus grande. Pour la première fois, des participants y prenaient part à bord de fauteuils roulants adaptés.

Marie-Michelle Fortin était au rendez-vous, dimanche matin, à Québec. À bord de son confortable Kartus conçu pour les activités en plein air, la jeune femme atteinte de paralysie cérébrale vivait sa passion une fois de plus.

Sur sa roue arrière apparaissait justement le logo Guinness World Records, attestant fièrement les records qu’elle et son coéquipier, Sébastien Roulier, avaient fracassés lors du demi-marathon Oasis de Lévis, puis lors de son tout premier marathon, à Montréal en 2018. À ce deuxième exploit, ils avaient franchi en duo le fil d’arrivée du circuit de 42,2 km en 3h01. 

Cette fois, elle faisait partie du Défi intégration sociale, qui permet la participation d’adultes et d’enfants atteints d’une déficience intellectuelle, d’un trouble du spectre de l’autisme ou d’un trouble de santé mentale. Pour cette deuxième édition, 170 participants prenaient le départ en équipe, en compagnie de leurs proches et d’accompagnateurs de plusieurs organisations en intégration sociale ou spécialisées auprès de clientèles à besoins particuliers. L’année dernière, ils étaient 55 à avoir franchi les distances en vélo, course à pied, ski de fond, patin ou raquette. 

Sur les plaines d’Abraham, Aurélie Gicquel était aux commandes du fauteuil de Marie-Michelle, monté de trois skis pour l’occasion, la guidant ainsi à travers le parcours enneigé. «Elle est habituée, elle a du plaisir et moi aussi», a raconté Mme Gicquel aux abords de la ligne d’arrivée après la course.

Dominick Filteau, d’une équipe de Lévis, était tout aussi satisfait de son expérience en course à pied, lui qui en retient une bonne leçon, même s’il n’a pas complété le parcours. «Avec de la persévérance, on est capable de faire n’importe quoi si on y tient», a-t-il soutenu. Sans égard à leurs performances, tous étaient d’ailleurs récompensés pour leur participation à l’issue de l’événement. 

Un sport «collectif»

Déjà en 2011, Mélyna Doyon, une enseignante du Centre d’éducation des adultes des Navigateurs prenait l’initiative de faire vivre l’expérience du Pentathlon des neiges à ses élèves. 

«J’ai commencé à enseigner en 2008 et je trouvais que les élèves resplendissaient dès qu’on embarquait dans le sport. C’était beau de les voir aller avec leur fierté, leur dépassement de soi et l’adoption de saines habitudes de vie», se rappelle-t-elle. Puis, en 2019, sa volonté de rendre accessible l’événement s’est concrétisée. Qu’ils présentent des limitations fonctionnelles physiques ou intellectuelles, ils ont désormais leur propre épreuve lors du Pentathlon des neiges. 

«On est tous égaux et il n’y a pas de séparation, affirme Mme Doyon. Ils vivent souvent des échecs, mais l’événement leur permet de réussir et ils le font dans la mesure de leurs capacités», ajoute celle qui a même transposé son initiative à l’école où elle travaille, pour que ses élèves s’entraînent en vue du défi. 

«C’est une belle forme d’inclusion pour les personnes qui sont plus isolées ou rejetées pour leur donner une place et pour leur permettre de faire une activité sportive», a réagi Marylee Houde, co-porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle et ayant elle-même une déficience intellectuelle légère. 

«Ça rend un sport individuel collectif et c’est toujours génial, parce qu’on partage avec eux et ils participent vraiment», a pour sa part complété l’accompagnatrice de Marie-Michelle Fortin, Aurélie Gicquel.

Volet famille rassembleur

Simultanément se déroulait le Défi familles et amis, un volet participatif et ludique du Pentathlon des neiges, où tant les grands-parents que les tout-petits sont les bienvenus. En tout, 280 participants ont parcouru les distances prévues pour l’occasion.