Le terrain de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, en voie d'expropriation par la Ville de Québec, sera transformé en parc, a promis Régis Labeaume, lundi. 

Un parc aux portes du Vieux-Québec

Équipe Labeaume promet de transformer en parc le terrain de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, dans la Côte d'Abraham, et d'y greffer une remontée mécanique pour faciliter les déplacements des piétons et des cyclistes entre la basse-ville et la haute-ville.
Le maire sortant, Régis Labeaume, en a fait l'annonce lundi matin, lors d'une conférence de presse sur le thème du verdissement.
Qualifié de «très stratégique», en raison de son emplacement à la jonction du quartier Saint-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec, le terrain de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul est en voie d'expropriation par la Ville de Québec. Celle-ci en a marre d'attendre que le propriétaire, le promoteur immobilier Jacques Robitaille, aille de l'avant avec son projet d'hôtel, au point mort depuis plusieurs années. 
«L'idée, c'est de poser un geste urbain très fort pour signifier clairement les intentions de la Ville pour repeupler le Vieux-Québec», a lancé M. Labeaume. Il a dressé un parallèle avec le jardin Saint-Roch, récemment renommé en l'honneur du maire Jean-Paul L'Allier, qui a présidé à la revitalisation du centre-ville. 
«On pense qu'on est capable de faire exactement la même chose en haut. C'est un signal très très important pour les promoteurs qui veulent investir, pour les commerçants, etc. Si vous allez voir le point de vue que ça donne, c'est magnifique. Profitons-en pour créer un lieu extraordinaire qui va non seulement donner le signal pour les résidents et leur donner le goût d'y habiter, mais pour le touriste, ça va être incroyable», a développé l'élu municipal. 
Celui-ci n'a pas de plan précis à déposer pour l'instant, mais fait confiance aux planificateurs et aux urbanistes de la Ville de Québec pour «s'en donner à coeur joie». 
Il n'y a pas d'échéancier non plus en raison de la possibilité que le propriétaire conteste les procédures d'expropriation tout juste entamées. Selon le programme particulier d'urbanisme (PPU), la Ville peut acquérir de force certains terrains à l'abandon pour les redévelopper ou leur donner une vocation municipale. 
Quant au lien mécanique, la technologie n'est pas choisie. «Ça fait longtemps qu'on nous demande un lien mécanique entre la basse-ville et la haute-ville. Ça peut être bien des choses. Classiquement, c'est toujours le funiculaire, mais il existe d'autres choses maintenant. Encore là, place à la créativité», a exposé le maire de Québec. 
Un sondage réalisé l'an dernier par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste auprès des résidents du quartier faisait ressortir la préférence des citoyens pour un parc, des logements sociaux ou un jardin communautaire.
Régis Labeaume en conférence de presse, lundi.
«On est heureux que le maire aille vers cette solution-là», a réagi lundi Vincent Baillargeon, le coordonnateur du comité, qui promet de veiller au grain pour que le parc se réalise. Au passage, il suggère à la Ville de Québec de créer des coopératives d'habitation pour ramener des familles dans le Vieux-Québec et les quartiers centraux. 
Équipe Labeaume a également ciblé le terrain sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency pour du verdissement. Le maire aimerait que le projet ait une «saveur techno» pour refléter l'esprit du quartier Saint-Roch. Il a aussi répété l'intention, exprimée dans le PPU Saint-Roch, d'agrandir le parc Victoria en englobant le terrain de la centrale de police après le déménagement du quartier général. 
En après-midi, Équipe Labeaume s'est engagée à entreprendre «plus tôt que tard» la revitalisation du boulevard Sainte-Anne dans le secteur Beauport, en accord avec le plan directeur du littoral est de la Commission de la capitale nationale du Québec. L'opération est surtout «esthétique», a résumé le maire de Québec. Des intersections problématiques seront reconfigurées et un parc sera aménagé sur les 83 000 mètres carrés rendus disponibles par la fermeture du dépôt à neige Montmorency. L'enfouissement des fils électriques sera étudié.
Une «blague» qui devient un avertissement
Un message de remerciement attribué au maire Régis Labeaume, diffusé dimanche dans les haut-parleurs du marché aux puces de Sainte-Foy, a généré un avertissement en bonne et due forme à tous les employés de la Ville de Québec afin qu'ils conservent leur neutralité pendant la campagne.
«Attention, c'est la dernière journée d'ouverture du marché aux puces et toute l'équipe du marché et M. Régis Labeaume vous remercient de votre présence», a entendu un lecteur du Soleil, dimanche matin, alors qu'il circulait entre les étals. 
Vérification faite auprès d'autres personnes sur place, il semble que le nom du maire n'a été mentionné qu'une fois au cours de la journée. 
Tant le gestionnaire de qui relève le marché aux puces, qui est un employé municipal, que le porte-parole de la Ville de Québec appelé en renfort, David O'Brien, affirment que c'était «une mauvaise blague» d'un préposé chargé de diffuser des messages à l'intention de la clientèle sur le site.  Il n'y aurait pas eu de demande pour inclure le nom du maire sortant au message de remerciement de fin de saison. Pour éviter la répétition de gestes semblables pouvant porter à confusion, la Ville de Québec «va rappeler à tous ses employés qu'ils doivent demeurer neutres et faire attention aux propos utilisés en public et lors d'activités officielles de la Ville pour toute la durée de la campagne électorale», a indiqué M. O'Brien. 
«Des initiatives comme celles-ci, même si elles sont sous le sceau de l'humour, ne sont pas appropriées», a-t-il ajouté.