Sandrine Arguin-Marchand et Daniel-Alexandre Bleau, étudiants en architecture, gagnants du concours d’architecture pour leur projet «Envol», et Éric Lagotte, de la firme multimédia BlackOut Design.

Un palais multimédia pour Bonhomme

Le traditionnel palais de Bonhomme ne sera pas habité que par le sympathique géant blanc. Sons, lumières et projections vidéo animeront la visite des carnavaleux.

«Notre mandat était de créer un parcours nocturne immersif et interactif», raconte Éric Lagotte, directeur technique chez BlackOut Design. L’entreprise de Québec compte déjà de nombreuses réalisations ici comme à l’étranger. L’animation visuelle du Red Bull Crashed Ice, de l’Igloofest et même le championnat international de parachutisme de Dubaï, c’est BlackOut.

«Il y a trois zones interactives sur fond de thématique hivernale. On se garde quelques secrets, mais je peux dire qu’il y aura des projections visuelles, accompagnées d’une ambiance sonore et de lasers, notamment», confie M. Lagotte.

L’entreprise a beau compter plusieurs années d’expérience, il reste que réaliser ce projet sur une si longue période dans un endroit restreint comme le palais de Bonhomme comporte plusieurs défis.

«Il y a évidemment le froid et les intempéries. Il faut protéger l’équipement adéquatement. Nous utilisons aussi des lumières DEL pour éviter de dégager une chaleur qui ferait fondre la glace. Surtout, nous devons nous assurer que l’expérience dans une zone n’interfère pas dans la zone voisine parce qu’il y a un effet de transparence avec la glace. Nous avons fait quelques tests sur des blocs semblables dans des entrepôts réfrigérés. Cependant, ce n’est qu’une fois l’équipement installé que nous pourrons juger de l’effet anticipé», explique le directeur.  

Le palais devrait être livré le 18 janvier. Ce qui donne quelques jours pour ajuster le tir d’ici la soirée d’ouverture du Carnaval le vendredi 26 janvier. «On a six nuits de programmation avec huit programmeurs. Nous sommes confiants d’y arriver.»

Pour une seconde année, le Carnaval a fait appel aux étudiants de première année de l’école d’architecture de l’Université Laval pour développer des concepts de palais. Sur les huit équipes inscrites, celle de Sandrine Arguin-Marchand et Daniel-Alexandre Bleau ont obtenu la préférence. 

Tout en courbe, le palais ressemble à un oiseau d’où son nom «l’Envol». «Le Carnaval voulait quelque chose un peu comme si c’est la nature qui l’avait créé, comme s’il avait été léché par le vent. C’est pour ça qu’il y a tant de courbes», explique Madame Arguin-Marchand. «Nous avons aussi pensé aux aurores boréales et autres symboles nordiques. Ça nous a inspirés», renchérit son collègue. 

Près de 50 % du palais sont complétés. Au final, il aura nécessité 1800 blocs de glace disposés sur 9660 pieds carrés devant l’Assemblée nationale. Sa tour principale atteindra 47 pieds de hauteur.