Camille Drouin (à gauche), en compagnie de son fils Vincent
Camille Drouin (à gauche), en compagnie de son fils Vincent

Un monument de la rue Cartier n’est plus

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
L’un des plus anciens et illustres personnages de la rue Cartier, Camille Drouin, ancien propriétaire de l’épicerie Provisions inc. de la rue Cartier, est décédé mardi à l’âge de 81 ans. Tous les habitants du quartier ont croisé un jour ou l’autre ce bourreau de travail qui avait toujours un bon mot pour ses clients.

Depuis l’annonce de sa mort, les commentaires abondent sur la page Facebook de cette épicerie indépendante que le disparu avait fondée en 1949 avec son père Albert. Tous ont rappelé sa bienveillance, son souci des clients, son sens de l’humour, sa persévérance au travail.

«Tout le monde le connaissait. Moi j’appelle ça un monument, je ne me sens pas gêné de le dire. C’en était un», confie avec émotion l’un de ses trois fils, Vincent, qui a pris la relève du commerce.

Camille Drouin n’a jamais compté ses heures. Tôt le matin, il donnait un coup de main aux livreurs. Pendant la belle saison, il sortait fruits et légumes frais devant le commerce. On le retrouvait parfois à la caisse enregistreuse. Chaque soir, il venait fermer l’épicerie. Un vrai bourreau de travail, confie son fils.

«Il a commencé à 17 ans. Depuis sept ou huit ans, il venait le matin et prenait congé l’après-midi, mais il revenait toujours le soir. Il restait en haut de l’épicerie. C’est en bas qu’il se sentait bien. Il a toujours travaillé, il n’a rien fait d’autre, il n’a même pas voyagé.»

Depuis quelques années, sa santé avait décliné. L’octogénaire était affligé de trois cancers. Il demeurait depuis un moment au pavillon Saint-Dominique où il a rendu l’âme, à quelques jours de ses 82 ans.

Vincent Drouin conserve du défunt l’image d’un homme sociable, qui connaissait tout le monde dans le quartier Montcalm. «Mon père était aimé de tout le monde, ça c’est certain. Personne pourrait parler en mal de lui. On perd un gros morceau, mon morceau à moi...»

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